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210 LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON dans le monde, ce ne sera qu'à la condition que son ins- truction s'étende, se fortifie et ne reste pas superficielle comme elle l'est aujourd'hui. Nous n'avons que le vernis du savoir, — et sous ce vernis se cache une ignorance que je me permettrai d'appeler honteuse. Il importe donc d'ouvrir toutes grandes les portes de nos Bibliothèques, surtout à la jeunesse, de l'y amener par les séductions et l'attrait qu'elles doivent lui présenter, et de l'habituer à préférer une étude substantielle à des loisirs souvent si mal employés. En ornant ainsi l'intelligence, on parlera peut-être aussi au cœur. Quand le jeune homme lira les pages navrantes de nos derniers désastres, il se dira peut- être aussi : « Mais tant de honte ne doit-elle pas être effa- cée? Le drapeau de la France, qui avait toujours flotté victorieux et respecté dans le monde entier, restera-t-il encore longtemps abaissé et couvert d'un crêpe ? Et il se demandera la cause de notre décadence. Il verra alors par quelles détestables doctrines on a perverti la nation , amoindri le sentiment du devoir, du vrai patriotisme, de l'abnégation, — pour faire dominer partout l'ignoble théo- rie des jouissances et des satisfactions matérielles, — et il reconnaîtra aussi qu'à l'heure suprême du péril, quand notre malheureux pays, succombant sous le nombre su- bit de ses premières défaites, les mêmes hommes qui avaient gangrené le cœur de la France et empêché son armement, commirent le plus grand crime que l'histoire moderne ait enregistré, celui de l'insurrection révolutionnaire, du dé- chaînement des plus ignobles passions, quand, au con- traire, la patrie, mutilée, vaincue, demandait à tous ses enfants la concorde, l'abnégation et l'union de tous contre les barbares qui souillaient le sol sacré du pays. — Voilà ce que le jeune homme studieux reconnaîtra, et son cœur indigné, répondant au cri de la patrie en deuil, lui dira :