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                  RÉUNION DE LYON A LA FRANCE.                        393

l'empereur dans le sein de l'Eglise (1). Le pape fut assez
 effrayé de cette menace pour aller se réfugier à Bor-
 deaux.
    Quoi qu'il en soit, le choix qu'avait fait de Lyon Inno-
cent IV pour y réunir le concile prouvait que le pouvoir
de l'empereur d'Allemagne y était à peu près nul (2).
Et pourtant le roi d'Angleterre, comme il envoyait au
même concile des délégués, les recommanda à la
bienveillance de Frédéric (3) ; ce qui laisserait croire
que la ville de Lyon, au moins en théorie, était tou-
jours considérée comme dépendant de l'Empire.
   Vers 1282, s'il faut en croire un bruit dont un au-
teur (4) s'est fait l'écho, un prince d'Allemagne essaya
de ressaisir les anciens droits des rois de Bourgogne
sur l'Eglise de Lyon. L'archevêque de Lyon signa, en
tout cas, le 14 février 1282, un traité d'alliance offensive
et défensive avec le Chapitre de Vienne. On devait se
prêter une mutuelle assistance contre toute aggression
étrangère (5).
    Philippe le Bel se donna pour mission de reconstituer


  (t) Huillard-Brêh., p. cccxxi et cccxxn.
  (2) Huillard-Brèh., p. CCLXV.
  De plus, dans un mémoire compose à l'occasion de sa déposition (Bibt.
nat., mss. Lat. 14,357 f" 68 r» et s.), Frédéric H se plaint que les formes
ordinaires de tout procès aient été violées ; mais il ne parle pas du lieu
choisi, Lyon, et ne se plaint pas que le pape soit venu le braver sur son
propre sol, tandis qu'il reproche aux Romains d'avoir souffert que le
pape l'excommuniât dans Rome, lui, l'Empereur des Romains.
   (3) Lettre du roi d'Angleterre à Frédéric. 8 juin 1245. Kymer, Fœ-
dera, etc. (Haye Comitis, 1745), t. I, p. i, pages 152 et 153.
    4) Valbonnais, l'historien si eslimé du Dauphiné.
   (5) Valbonnais, Hitteire de Dauphiné, etc. (Genève, 1722), t. I, p. 231.
et aux Preuves,p. 23 et 24. a°XFll (et nonXVIII, comme dit Valbonnais).