page suivante »
58 LES URSUUNES. « fait montera 1,000. Sigebert, auteur d'une chronique, au « commencement duxii0 siècle, en compte 11,000. Le peu- « pie a adopté ce nombre, et appelle les saintes les onze « mille vierges. 11 paraît que ce calcul de Sigebert est fondé « sur le nom d'une des compagnes de sainte Ursule, qui est « appelée Undécimilla par les légendaires. Si l'on s'en « rapporte aux tombeaux découverts a Cologne, cette com- « munauté devait être très-nombreuse, toutefois, le martyro- « loge romain se contente de nommer sainte Ursule et ses « compagnes, sans déterminer leur nombre qu'il est impos- « sible de constater. » On voit que toutes ces légendes, relatives h sainte Ursule, ne sont pas bien véridiques, malgré la célébrité de leurs auteurs, telles qu'Elisabeth de Schonange, sainte religieuse contemporaine du xii' siècle. L'abbé Fleury, dans son Histoire ecclésiastique, (t. xv, p. 28), en parlant de sainte Ursule et d'Elisabeth de Schonange, fait les réflexions suivantes : « En 1156, on découvrit a Cologne plusieurs tombeaux avec « leurs inscriptions portant que c'était de sainte Ursule, « vierge et martyre, et de ses compagnes, que l'on y hono- « rait au moins depuis 300 ans. Gerlac, abbé de Duits, « envoya les plus remarquables de ces inscriptions à « Elisabeth, religieuse de Schonange, espérant qu'elle en « aurait quelques révélations et qu'elle pourrait affirmer si « l'on devait y croire ou non; car il avait quelque soupçon « de ceux qui avaient trouvé ces corps saints, et craignait « qu'ils n'eussent fait faire ces inscriptions par le désir du « gain : c'est ainsi que parle Elisabeth elle-même. » « Elle était né en 1130 et, a l'âge de douze ans, elle entra « dans le monastère de Schonange, situé au diocèse de « Trêves, proche d'un monastère d'hommes, fondé en 1125 « et dédié à saint Florins, qui vivait à Coblence au vne siè- « cle. Ce monastère de bénédictins eut pour premier abbé