Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                                          — 450 —
tures très différentes. On se figure communément qu'il suffirait, pour
répondre à cette question, d'étendre et de généraliser progressivement
la prévision du temps du jour au lendemain en l'appliquant à 2, 3... jours
d'avance : je n'en crois rien. C'est là un problème d'un ordre entièrement
nouveau et, qu'on le veuille ou non, car bien des météorologistes nient
la possibilité de l'aborder, son étude s'impose de jour en jour de façon
plus impérieuse : il naît de lui-même de l'examen des caractères conver-
gents, tel que l'ont envisagé Besson ou Dunoyer et Reboul et, aussi, par
des études locales minutieuses, comme celles de Besson, l'on se trouve
nécessairement conduit à envisager l'avenir de la prévision à long terme.
      Aussi bien, tous les chercheurs qui se sont efforcés de mettre en évi-
dence des lois météorologiques, des relations entre les phénomènes ter-
restres et ceux de l'activité solaire, ou les configurations planétaires, ont
tous été conduits à faire des prévisions du temps à plus ou moins longue
échéance, prévisions qui s'imposaient pour contrôler et légitimer leurs
travaux : les prévisions basées sur le Soleil, les perturbations magnétiques
ou les aurores boréales sont innombrables, et l'on doit particulièrement
admirer les efforts répétés de l'abbé Loisier pour utiliser à cet égard les
taches solaires ; la scintillation fut à la base des recherches de Montigny,
Liander, de Portai, etc.. ; l'action des étoiles filantes fut invoquée par
Coulvier-Gravier, Ch. Sainte-Claire Deville, etc.. ; de Tastes obtient
de curieux succès en prévisions agricoles à longue échéance1 ; l'effet de
la Lune est invoqué par A. Poincare et... tant et tant d'autres ; Marchand
s'efforce d'utiliser, sinon une périodicité rigoureuse, au moins l'existence
de grands cycles ; S. Elliot Hoskins fait de curieuses tentatives pour la
prévision à long terme à l'aide des caractéristiques des décades succes-
sives tandis que Brunham obtient d'intéressantes prévisions en utilisant
les caractères généraux des saisons a.
      Plus de travail que de résultats : soit. Plus d'efforts que de profits :
bien sûr ! Mais n'est-ce pas là la Science ? Elle n'avance que par la con-
 vergence de tant de sacrifices, qui permettent de circonscrire les difficultés
et, surtout, avec ceux qui ont la foi du travail désintéressé et savent s'y
   1. Cf. Les Mondes, t. XXIII (1870), p. 509.
   2. Symon's Meteorological Magazine, 1071.