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nique qui préside à l'économie animale ? La pratique n'en souffre aucun
changement. Resserrons les systèmes dans leurs justes bornes, ils auront
peu d'influence sur la conduite du médecin... ».
C'est que, probablement, Gilibert est encore peu fixé sur sa propre
doctrine.
Quand il trace à grands traits l'histoire de la médecine, il semble
rendre hommage à la méthode hippocratique, surtout pour la part d'ex-
pectation qu'elle comporte.
Ce sont les mêmes idées de confiance dans la force curative de la
nature, dans la tendance spontanée de la vie à guérir que Gilibert soutient
à la séance publique de l'Académie de Lyon, le 7 décembre 1784,
un mémoire intitulé l'Autocratie de la Nature ou premier Mémoire sur
l'Energie du Principe vital pour la Guérison des Maladies chirurgicales. Ce
premier ouvrage est suivi d'un Second Mémoire sur l'Autocratie de la Na-
ture dans lequel on prouve que la Nature guérit les Maladies internes, comme
fièvres, inflammations, convulsions, douleurs, évacuations, etc., etc.
Il reprenait ainsi le sujet de son travail inaugural.
« J'étois bien jeune, dit-il, lorsqu'en 1762 j'osai soutenir une thèse
à Montpellier sous la présidence du célèbre professeur Leroy ; cette thèse
roulait sur le pouvoir de la nature pour la guérison des maladies ; j'envi-
sageai mon sujet d'après l'autorité et l'observation des plus célèbres mé-
decins de tous les siècles ; ne pouvant alors employer en preuve mes pro-
pres expériences, je m'appuyai sur un raisonnement bien singulier ; je
fis l'analyse des observations de médecine publiées par les praticiens les
plus vantés des différentes sectes ; je démontrai qu'une foule de malades
avoient été guéris par des médecins célèbres qui avoient employé des re-
mèdes absolument opposés par leurs effets ; j'opposai les sectateurs de
Van Helmont aux sectateurs d'Hippocrate ; ceux qui prescrivoient des
médicaments échauffans à ceux qui n'ordonnoient que des rafraichissans,
ceux qui saignoient à ceux qui abhorroient le sang ; ceux qui purgeoient
souvent à ceux qui omettoient toujours les évacuans ; alléguant de part
et d'autre une foule de guérisons, je dus conclure qu'un troisième agent
avoit procuré la guérison; j'appellai cet agent la nature, le principe vital.
« Je fis voir aux phlébotomistes plusieurs pleurétiques guéris sans sai-