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 420               NOTICE SUa FRANÇOIS DE TtOHAN.

 pas mourir pour ne pas mourir? Le Consulat et le Clergé rivali-
  sèrent de dévoûment pour mettre un terme à ces calamités, et
  une année d'abondance ne tarda pas à en faire perdre le sou-
 venir.
    M. de Rohan, par un abus trop fréquent alors, avait gardé ses
 deux prélatures, celle de Lyon, comme titulaire, et celle d'Angers
 comme administrateur. 11 fit son entrée dans cette dernière
 ville, le 7 septembre 1504. Deux ans auparavant, il s'y était
rendu pour assister à la publication des Coutumes d'Anjou. S'il
 ne vint pas immédiatement prendre en personne possession du
 siège de Lyon, c'est probablement parce que, son père ayant eu
 le malheur de déplaire à la reine, cette princesse vindicative
l'avait fait traduire devant le parlement de Toulouse qui, par
arrêt du 15 février 1504, l'avait condamné à la privation de
toutes fonctions pendant cinq années (1). Ce ne fut que vers le
milieu de 1506 que M. de Rohan se détermina à venir à Lyon.
Le Consulat apprit cette nouvelle par le trésorier de l'archevê-
ché , Claude de Laurencin, qui revenait de la Cour. La joie fut
si grande que, dans une assemblée générale tenue le 16 juillet,
il fut arrêté que, pour se reconnaître des services qu'il avait
rendus à la ville ainsi que des aumônes qu'il avait faites à
l'Hôtel-Dieu et aux pauvres du diocèse, on ferait au généreux

9, et Coelius Rhodiginus, Lecliones antiquae, XXIII, 22. Voyez aussi nos
Documents sur Lyon, année 1623, p. 129. Un médecin distingué auquel
j'ai soumis le passage de Crinitus, pense qu'il est à croire que l'exemple de
la première fille qui se suicida, entraîna successivement les aulresàl'imiter.
De nos jours, et en 1800, la manie du suicide avait pénétré dans nos armées;
dégoûtés de la vie, un grand nombre de soldats se brûlaient la cervelle,
c'est alors que le premier consul publia un ordre du jour daté du 22 floréal,
an VIII, dans lequel on lit : « S'abandonner au chagrin sans résister, se tuer
« pour s'y soustraire, c'est abandonner le champ de bataille avant d'avoir
« vaincu. » Voyez les Entretiens sur le suicide, par l'abbé Guillon (Paris,
1802, in-18), et le Cicéroniana, p. 190.
   (1) Voyez Jean d'Anthon, Chronique, 5 e partie, en. 24 ; Brantôme, Da-
mes illustres, vie d'Anne de Bretagne, tome 2, p. 106 de l'édition du Pan-
théon; Rœderev, Louis XII et François /"«', I, 244.