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LA CHAPELLE DE LA VIERGE A L'ÉGLISE NOTRE-DAJME-DE-LORETTE (1), Par Victor ORSEL. Victor Orsel n'a pas un de ces noms que la foule répète ; il a vécu entouré d'un petit groupe d'élèves fervents, en dehors des coteries, dans une sorte de Thebaïde de recueillement et d'austérité. De longs séjours à Rome l'avaient rendu presque étranger à sa propre patrie, et, pendant qu'il préparait patiem- ment son œuvre, le silence, l'oubli et l'obscurité descendaient, sur lui. Le peu qui avait transpiré de sa peinture n'était pas fait pour séduire à une époque où le sens de l'art religieux n'existait pour ainsi dire plus. Figurez-vous Overbeeck à Paris, au plus fort de la gloire de David, et vous aurez une idée de l'effet que dut produire Victor Orsel avec son dessin ascétique, ses tons pâles, ses fonds d'or et son symbolisme rigoureu- sement chrétien. — Quelques esprits distingués remarquèrent cet art si chaste, si sobre, si pur et d'un sentiment si élevé. Mais ces sympathies restèrent isolées, et le public passa inattentif, sinon hostile, devant ces toiles qu'il méprisait comme gothiques, (1) Nous empruntons , contre notre usage, au Moniteur l'appréciation flatteuse que M. Théophile Gautier vient d'y faire de la chapelle de notre compatriote Orsel. Cet éloge est trop complet pour que nous ne nous em- pressions pas de lui faire une place dans les pages de notre Bévue.