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                             J. AUTRAN.                           27ÃŽ)
à certains livres désignés aux bibliothèques de famille. Jamais
par malheur le divorce du talent littéraire et des bonnes inten-
tions ne fut plus commun qu'aujourd'hui. Cette union rare de la
valeur morale et littéraire donne donc un haut prix aux publi-
cations qu'elle distingue. Nous pouvons dire que si l'Å“uvre de
M. Autran ligure au premier rang des plus brillantes produc-
tions de ces dernières années, elle appartient entre toutes à
cette poésie saine, élevée, nourrissante pour l'âme et qui restitue
à l'art la dignité morale qu'un réalisme sans frein cherche à lui
enlever. Le recueillement de la vie de province a été fécond pour
 M. Autran. Quoi qu'en matière de vers le lieu ne fasse pas plus
à l'affaire que le temps, il n'est pas sans intérêt de connaître
le pays natal d'une œuvre de poésie. Paris et ce qu'on appelle
la vie littéraire ne sont pas toujours un terrain bien favorable au
sérieux de la pensée, à la sincérité du sentiment et à l'originalité
de la forme. Félicitons M. Autran d'être resté fidèle à son ciel,
à sa mer splendide, à sa vie de famille et de vieilles affections ; sa
belle et douce Provence qui en est si (1ère a fait de lui, en le
gardant sur ses rivages inspirateurs un des poètes les plus aimés
de la France, une des gloires de notre littérature.
                                     Victor   DE LAPRADE.