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                      DE LA POSSESSION ANNALE.                              17 I

Mais, en même temps, M. de Parieu dit : « L'opinion de Pithou
est inexacte, sans doute, sous le rapport de l'interprétation de la
loi barbare qui lui sert de point de départ ; mais elle renferme
un sentiment utile du lien indirect mais certain qui rattache
aux origines germaniques la règle de la possession annale
(p. 123). »
    II. Voyons comment, à son tour, M. de Parieu cherche àjus-
tifler l'origine germanique de la possession annale.
    Les Germains, comme nous l'apprend Tacite , changeaient
de terre tous les ans ; ce qui a fait dire avec raison à Le-
huërou que, dans un pareil état de choses, « la propriété
n'était qu'un usufruit qui finissait à chaque moisson. »
    Lorsque les tribus germaniques vinrent se fixer dans les
Gaules, leurs relations avec le sol se modifièrent peu à peu,
mais il serait difficile d'admettre, dit M. de Parieu, que ces re-
lations aient été complètement et brusquement, transformées.
    Les Barbares, suivant M. de Parieu, ne se dispersèreut pas sur
le sol gaulois pour y vivre chacun aux dépens d'un hôte romain,
ou sur une portion de terre occupée par celui-ci. Ils se canton-
nèrent (1) et constituèrent des villa habitées par un certain

   (1) C'est une opinion assez généralement reçue que celle exprimée par
M. de Parieu : à savoir que les Germains, en se fixant dans les Gaules, s'y
distribuèrent par cantons , sans mélange avec les Romains. Leur dispersion,
dit M. Guizot; eût été fort périlleuse; et déplus elle eût rompu toutes ces
habitudes de vie commune , d'exercices , de jeux et de banquets continuels
qu'ils avaient contractées dans leurs courses. Un homme d'une très-grande
science aussi, M. de Gingins, partage également celte opinion , même en
ce qui concerne les Bourguignons.
   Il serait possible que les Franks se fussent cantonnés dans les vastes terres
fiscales qu'ils se distribuèrent. Rien n'apprend qu'ils aient procédé au partage
des terres appartenant aux Romains , à l'exemple des Bourguignons, grand
fait dont sûrement la loi saliquc eût fait mention s'il eût existé. — Mais , à
l'égard des Bourguignons, nous croyons comme M. Matile, dans son travail
sur la loi Gombctle, qu'ils se mêlèrent avec les Romains, et que c'est ce
qui résulte de leur loi. « Le Burgoude , dit-il, qui pouvait loger un étranger
et ne le faisait pas, mais lui indiquail, pour s'en défaire, la maison voisine