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286          CHRONIQUE DE LA MAISON DE BEAUJEU.

temps. Au moyen desquelles vertus fut appelle Guichard le
Grand.
   Il mourut à Paris en bonne valetude , bon sens et bon aage,
le dixhuictieme jour du moys de septembre lan de grâce mi!
trois cent trente ung. Et fut apporte son corps despuys Parys
jusquen labbaye de Belleville en son pays de Beaujolloys, avec
toute revcrance deue, magnificence et honneur, et fut ense-
pulture au tombeau quil avait faire en sa jeunesse audit lieu de
Belleville, et parce quen mesme temps messire Guichard de
Beaujeu, son frere, estoil mort à Ambrung. Les obsèques
et funéraille deulx deux furent faictes ensemble à Belleville
avec très noble et belle compagnye, assistance et solempnite
à leurdit obseque, qui fut le troisième jour doclobre dudit an
mil (rois cens trente ung.
   A la louange de mondit seigneur Guichard le Grand fut faicl
un tel epitaphe :
          A MILLENO TER CUM PRIMO TER QUOQUE DENO ,
      PRINCEPS GUICHARDUS , LEO CORDE , GIGAS , LEOPARDUS ,
            SOEVO MARTE FEROX ET NOBILITATIS AMATOR.
          NUMQUAM DEVICTUS BELLO,       PER MIL1TIA ICTUS,
         VINCITUR A MORTE, COELI PATEANT SIBI POÃŽUVE.

  Qui veullent aultanl en francoys :
                   Lan mil trois cens, et trois fois dix
                  Ung y adj ouste, le prince Guichard
                  Lyon en cœur, grand, puissantjadis,
                Noble seigneur, hardy comme un léopard,
                 Chevaleurcux aymant armes, noblesse.
                     Onques vaincu ne fut en presse
                  Par coups de lance, arc ou de flèche.
                   Mais Athropos que tout oppresse ,
                 Le vint sommer d'aller aux bas palluz ;
                Fuyr ny peult, mais prions que son ame
                       Soit mise en paradis lassus
                     Avec Dieu et la glorieuse dame
                                 Ariien !