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                   DE LA VILLE DE VIENNE.                   257

se faire comme celle d'un empire, je l'ai déjà dit. Je crois
qu'il arrivera assez rarement des occasions où l'écrivain devra
se livrer à de vastes aperçus sur de grandes mesures politiques,
remonter de l'effet à la cause, et saisir les influences des
législations sur les mœurs , sur la fortune publique, sur le
moral des populations ; ces études sonl la philosophie de
l'histoire ; mais je pense que tout ce qu'elle perd de ce côté,
elle doit le chercher dans un autre ordre d'idées et de faits,
elle doit se rapprocher davantage de la chronique pour la
familiarité des détails et la richesse minutieuse de moindres
événements, de particularités locales qui ne sont pas sans
intérêt.
   L'histoire de Vienne doit tenir un milieu entre ces deux
manières ; elle a eu, sous la domination romaine et sous ses
archevêques, des époques où elle a joué un rôle important;
mais, d'autre part, ses monuments antiques tour à tour ré-
parés et détruits, ses nombreux couvents, ses remparts féo-
daux, ses églises gothiques, ses mœurs, ses guerres avec ses
voisins sont autant de mines fécondes dans lesquelles il faut
sans cesse fouiller d'une manière opiniâtre ; l'étude de ses
inscriptions surtout est un vaste champ dans lequel l'archéo-
logue patient et laborieux peut richement moissonner.
   J'aurais désiré que Mermet comprit mieux ce double point
de vue, et qu'il ne considérât pas l'histoire comme une chro-
nologie pure et simple, sorte d'èphèmérides sèches, où le
fait est consigné sans discussion ni commentaires. C'est peut-
être là le point le plus vulnérable de son ouvrage qui rachète
ce défaut par des qualités, et notamment par le nombre des
recherches, par la conscience qu'il met à tout dire, à ne pas
omettre un fait vrai ou erroné, laissant à ses successeurs le
soin de débrouiller l'erreur de la vérité , et leur préparant,
pour l'avenir, de précieux matériaux.
  A la fin de chaque période de son histoire, Mermet cite les
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