page suivante »
454 PIERRE DE NOLHAC personnes. Le soir de ce jour, le roi de France, au reçu d'un courrier de Catherine le pressant de revenir à Paris, se met en route et gagne en deux journées Mantoue. Là , malgré l'aimable accueil qu'il reçoit de Guillaume de Gonzague, il ne fait que toucher barre à cause du mauvais temps. Il traverse ensuite le duché de Parme, seigneurie des Farnèse, et entre dans le duché de Milan. A Monza, il entend la messe du saint cardinal Charles Borromée qui lui offrit une croix en or contenant un fragment de la vraie croix, puis il assiste à des ballets symboliques organisés par le célèbre danseur Cesare Negri. Après un court arrêt à Magenta, le 12 août, Henri entrait en Savoie, où il se trouvait chez son oncle Emma- nuel Philibert et sa tante Marguerite, fille de François I er . La politique occupa toute la durée du séjour d'Henri en cette contrée. Emmanuel Philibert, comme les patri- ciens de Venise l'avait fait quelques semaines auparavant, conseilla au roi de France d'accorder un pardon général, de pacifier, d'effacer les violences de la Saint-Barthélémy, dêtre tolérant. Il mit son neveu en présence du duc de Mont- morency, Henri I er , haï de Catherine et des Guise et lui présenta les principaux représentants des grandes familles protestantes de France. Mais Henri, prêtant l'oreille aux émissaires de sa mère, n'osa prendre aucune décision. Avant de sortir de Savoie, il rendit à son oncle les trois dernières places que les Français possédaient en Piémont : Savigliano, Pinerolo, Valdi-Perosa. Après un mélanco- lique passage du mont Cenis où il faisait froid, Henri retrouva à Chambéry des musiciens que le duc de Savoie y avait dépêchés. Enfin à Pont-de-Beauvoisin, il ren- contra sa mère, le duc d'Alençon et le roi de Navarre, venus au-devant de lui. C'était fini de rire et tomber dans la