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E I788 N 415 avec leurs familles à la mendicité. Ce sont eux, dont le travail assidu a fourni à la plupart de ces belles dames, les moyens de briller. C'est de leurs mains calleuses et déchar- nées, que sont éclos ces gazes, ces rubans, ces satins dont le luxe a fait une nécessité, et la consommation un impôt public et particulier. Ils meurent de faim, les secours qu'ils ont reçus de la charité publique seroient à 'peine suffisants pour les soutenir, s'ils étoient seuls, mais la plupart sont mariés et ont des enfans. Enfin, sans compter ces derniers, on a imprimé qu'il y avoit 30.000 ouvriers sans ouvrage, c'est-à -dire sans pain (5). « Au milieu du luxe qui entoure le particulier, peut-il s'empêcher de jeter quelquefois des regards de pitié sur cette partie souffrante et vraiment utile de la société. Vous devez penser que le voyageur 'qui se trouve en pareilles circonstances à Lyon, et dans d'autres villes de semblable commerce, ne peut pas se former une idée trop brillante de l'étendue de leurs fabriques. Ici, tout est languissant à peu de chose près. A l'exception de quelques métiers qu'occupent encore des taffetas, des étoffes de fantaisie, des broderies, un nombre immense de fabriques se repose. Le négociant se décourage. Cette activité, caractère distinctif du Lyonnais, s'affaisse, s'oblitère, et la fortune publique dépérit avec celle des particuliers. » (5) On lit dans les Mémoires secrets, de Bachaumont, t. xxxv, p. 495 : « La récolte des soies a manqué partout. Les fabricants de Lyon ont cessé de faire travailler à cause de leur cherté excessive; plus de .1.000 métiers sont à bas, tous les jours le nombre en augmente. Les ouvriers font déjà des représentations au Consulat, mais comment sustenter 40 à 50.000 ouvriers ! Grand nombre d'entre eux ont demandé pour passer chez l'étranger des passeports qui leur ont été