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408             ÉTUDE SUR QUELQUES ANNEES

contre elle et enfin à la chasser du royaume. Sans doute la
raison était de son côté, et son grand esprit, en même
temps qu'il l'aidait à veiller sur ses intérêts propres, à sau-
vegarder son pouvoir, dont il était si jaloux, l'aidait à
discerner, à défendre les intérêts et la grandeur de la
France, tandis que personne dans l'entourage de Gaston
et de la reine mère n'était capable de le faire. Mais comme
il y avait en même temps chez lui une sorte d'ingratitude à
avoir trop raison contre sa bienfaitrice, il ne pardonna
jamais à celle-ci de l'avoir réduit à prendre cette attitude.
Ce fait éclate bien dans la différence de ses procédés à
l'égard de Gaston et de la reine mère. Il négocie toujours
avec le premier, avec ses conseillers, Puylaurens entre
autres, personnage dangereux et méprisable ; il leur fait la
partie belle, se montre prêt à tout leur pardonner, à tout
oublier, pour peu qu'ils paraissent rentrer dans le devoir.
Autre est sa tactique avec la reine-mère. L'entourage de
celle-ci est meilleur que celui de Gaston, ses intrigues
moins coupables ; enfin, en 1633, elle paraît véritablement
 matée et désireuse de rentrer par une entière soumission
 dans les bonnes grâces du roi. N'était-ce pas le devoir de
 celui-ci, non seulement d'écouter les nombreux gen-
 tilshommes que sa mère, sous les prétextes les plus futiles
 envoyait vers lui, mais encore de leur faciliter leur tâche en
 ouvrant quelque voie à la réconciliation, en montrant un
 peu de bon vouloir? Mais non, le cardinal était là ! Soit
 crainte pour son pouvoir, soit animosité contre une prin-
 cesse à laquelle il devait tant, qu'il avait aussi tant offensée,
 quoique souvent avec justice, il mit obstacle à la réconci-
 liation du fils avec la mère, imposant à celle-ci des
 conditions honteuses : l'abandon de ses fidèles serviteurs.
 Marie de Médicis était un très petit esprit, orgueilleux,