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LES CONFESSIONS DE M me ARTHUS 355
— Tout à fait, je vous en donne ma parole.
— Eh bien, au point où en sont les choses, j'imagine
que, le principe étant admis, l'application ne s'en fera plus
guère attendre.
— C'est le secret de l'avenir. Je serai très difficile, croyez-
le bien. »
Sur cette déclaration, je me lève pour prendre congé, et,
mon chapeau à [la main, j'ajoute en manière de plaisan-
terie : « Quel dommage que je ne sois pas garçon et que
je n'aie pas dix ans de moins! Je me mettrai sur les
rangs. »
Mais elle, avec un bon et franc rire : « Vous me semblez
d'une nature à donner plus de conseils que d'ordres, et
c'est d'être commandée que j'ai surtout besoin. Vous com-
prenez bien que je ne voudrais pas être, à tout propos,
obligée d'entamer avec mon seigneur et maître d'aussi
longues confessions que celle d'aujourd'hui. J'y ai, cepen-
dant, éprouvé un véritable soulagement. Merci. Je vous suis
bien reconnaissante. »
Alors, prenant de chaque main un de ses enfants, elle me
reconduit à la grille, en renouvelant ses remerciements et
en me disant : « A votre prochain voyage, n'est-ce-pas?
S'il y avait lieu, vous m'autorisez à vous écrire. »
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Vous comptez, lecteur ou lectrice, que je vais vous expli-
quer ce qui peut, à bon droit, vous paraître bizarre en
cette affaire : une dame qui attend un monsieur au passage
afin de lui faire ses confidences les plus intimes, une femme
qui ne peut se passer d'avoir un maître, une veuve décidée