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322 LA CHAPELLE DE GRANGE-BLANCHE
On doit donc supposer que les habitants de Champvert
s'en remirent à Jacques Prost du soin de faire les démarches
nécessaires pour l'obtention des dispenses et permissions.
Par sa situation officielle, et par son fils, Alexandre Prost,
chanoine de Saint-Just, il était mieux placé que tout autre
pour réussir.
Pendant de longues années les seigneurs de Grange-
Blanche et les habitants de Champvert jouirent paisiblement
du petit oratoire qui, dans une certaine mesure, leur tenait
lieu de paroisse. Mais au commencement de l'année 1700,
de graves contestations surgissent entre messire Alexandre
Prost et ses voisins. Les archives de Grange-Blanche con-
tiennent un volumineux dossier de pièces de procédure
relatives à ces dissentiments. Les unes diffuses, pleines de
redites et de répétitions, n'offriraient qu'une lecture fasti-
dieuse, je me bornerai à les résumer pour la clarté du récit.
Les autres donnent des aperçus intéressants sur les usages
d'autrefois, et sont un précieux appoint pour l'histoire de la
chapelle.
A l'époque dont nous parlons, le seigneur de Grange-
Blanche était, depuis un temps indéterminé, détenteur de
, la clef de la chapelle, qu'il remettait à ses voisins lorsque
ceux-ci désiraient faire dire la messe. Le bruit ayant couru
qu'il voulait se dérober à cet usage, il fut sommé judiciaire-
ment parles demoiselles Buisson, d'avoir à remettre la clef de
la chapelle, quand il en serait requis; celles-ci faisant obser-
ver : « qu'elles, ou leurs auteurs, ayant contribué à éla cons-
truction de la chapelle, elles ont toujours eu le droit d'y
faire dire la messe toutes les fois qu'elles l'ont souhaité
ayant à cet effet pris la clef chez le nommé Benotte qui avait
donné le sol pour construire la chapelle, et chez le sieur
Prost de Grange-Blanche, depuis qne Ton a bien voulu