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l'apportent dans les villes, où ils se réfugient. Mais, là, on cherche
autant que possible à entraver les communications pour empêcher la
transmission de l'épidémie ; on ferme les portes des villes, on barre
parfois l'entrée des rues. Dans beaucoup de villes, on est obligé de
créer des hôpitaux destinés exclusivement aux pestiférés. Les fossoyeurs,
faisant défaut, on crée des confréries pour l'ensevelissement des morts.
Les cimetières deviennent insuffisants, et l'on enterre souvent dans des
propriétés particulières. Au milieu de ces épreuves, le peuple s'adresse
à la Divinité et aux saints. On fait des vœux, des processions, des pèle-
rinages pour être délivré du fléau. Des cérémonies sont créées à cette
occasion, et telle est l'origine de la représentation de la Passion, faite,
tous les dix ans, à Oberamergau, en Bavière. Le fléau donna lieu
autant à des actes de dévouement que de lâcheté et de faiblesse ; mais
les premiers sont dus surtout aux membres du clergé et aux médecins.
— M. Delore présente à l'Académie un nouvel appareil à filtrer dû à
M. Garoce, son inventeur. Il en décrit le mécanisme et fait remarquer
qu'il présente le double avantage de ne laisser passer aucun microbe et
de fonctionner huit fois plus promptement que le filtre Chamberlan.
Son nettoyage peut aussi être effectué avec la plus grande facilité.

   Séance du ly mai i8p2. — Présidence de M. Henri Sicard. —
M. Morin-Pons fait passer sous les yeux des membres de l'Académie
un exemplaire de la médaille en bronze du prix Chazière. — M. Clédat
fait hommage du volume qu'il a publié sur Rutebeuf, dans la collection
des grands écrivains français. — M. Mollière père présente une étude
comparative du Traité des lois de Cicéron avec YEsprit des lois de Mon-
tesquieu. Il analyse ainsi successivement les deux premiers livres du
traité du grand orateur. Dans le premier, Cicéron examine d'abord la
source du droit, dont la première est Dieu, et dont la seconde découle
de la nature même de l'homme, et il arrive à cette conclusion que le
droit et l'honnête ont leur base dans la nature, d'où il faut conclure
qu'il faut les rechercher par eux-mêmes. Dans son second livre,
Cicéron définit la loi primitive et souveraine, dont il a déjà parlé et qui
ne saurait être une œuvre émanée du pur caprice de l'homme. Puis,
l'orateur passe à la religion, à la manière de l'établir et de la consacrer
par la loi, en rappelant que Dieu, souverain maître de toutes choses,
gouverne et règle l'univers.

  Séance du 31 mai 1S92. — Présidence de M. H. Sicard. — Hommages