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CHRONIQUE LOCALE 11 est parti, le joli mois de mai, le mois de la jeunesse et des roses, le mois de l'espérance et du plaisir ! Comme ils passent vite les beaux jours ! et nous voici à l'âge mûr, au solstice, au mois de juin, au temps de la chaleur et des orages, de la grêle et de la foudre, au moment des rudes travaux des champs, de la peine, de la fatigue et des soucis. Espérons en la récolte de l'avenir qui doit tout payer avec usure. Le beau mois des fleurs nous a ramené les fêtes les plus poétiques de l'Eglise, la première communion si touchante, les.processions de la Fête-Dieu si solennelles. Nous avons rarement vu un spectacle plus attendrissant que celui qu'offrait la si élégante chapelle des Chartreux, le 27 mai, au moment ou notre nouvel évêque distribuait lui-même le pain sacré aux élèves dont il avait été si longtemps professeur, aux parents dont il avait été condisciple, aux maîtres qui l'avaient remplacé et dont il était resté l'ami. En présence de cette scène aussi touchante que sublime, en contemplant cet évêque, jadis son élève, aujourd'hui son chef, sorti de cette maison d'élite qu'il a créée, et cette foule qui lui tenait par tant de liens, le vénéré supé- rieur avait l'air attendri et inspiré que devait avoir saint François - de-Sales en contemplant les triomphes de la Visitation. — Quelques jours après, le samedi 12 juin, la cathédrale de Lyon s'ouvrait pour une fête non moins touchante, mais qui réunissait tout ce que l'Eglise offre de pompe et d'éclat. En présence d'une foule immense, de l'élite de la population lyonnaise, du clergé de toutes les paroisses, des chefs de la magistrature, de l'administration et de l'armée,. Mgr Thibaudier donnait la bénédiction nuptiale à Made- moiselle Ducros et à M. Morillot, ancien auditeur au Conseil d'Etat. L'empressement de la cité était un hommage à lajeune mariée qui, par sa grâce sympathique et son infatigable charité, a si bien su faire la conquête des cœurs lyonnais. Tout à la joie du moment, Madame la comtesse Ducros et M. le Préfet du Rhône s'inspiraient du bon-heur de leur fille bien-aimée et refoulaient soigneusement les préoccupations que faisait naître le prochain départ et l'éloignement de celle qui faisait la fête de leur intérieur.