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296 LA FONTAINE DU DIABLE.
Henri de Valois n'avait pas le grand air de François Ier;
il possédait, néanmoins, une belle prestance de gentil-
homme, une figure distinguée, le type fin de sa race, mais
moins efféminé que chez son fils, Henri III, par exemple,
le prince des mignons et des occupations puériles. La pâ-
leur de son visage rivalisait de blancheur avec sa colle-
rette, que son pourpoint noir mettait en relief. Sa toque,
également noire, était ornée d'une plume blanche, coquet-
tement balancée par le vent. Son beau cheval piétinait
d'orgueil, en soulevant son cavalier royal, comme s'il eût
compris son rôle. J'ai foi en l'instinct merveilleux de ces
nobles animaux.
Bref, Henri II reçut avec bienveillance les clefs de la
ville, que lui présenta le sénéchal, mais un gracieux sou-
rire, plein d'admiration -, illumina ses traits, lorsqu'il
aperçut mademoiselle de Faventines, lui offrant les plus
belles fleurs que l'on avait pu trouver.
—• Permettez-moi de vous les rendre, mademoiselle,
lui dit le roi, car les fleurs cherchent les fleurs.
Sa Majesté cueillit seulement une rose blanche qu'elle
mit à son pourpoint. — Cette rose me portera bonheur,
ajouta-t-elle ; ne ressemblez-vous pas à un ange?..
Et le roi lui baisa la main avec respect.
On vit alors s'avancer un beau jeune homme, au main-
tien digne et fier, mais sans prétention. C'était Joseph!
Le sénéchal avait dû faire violence à sa modestie,
pour le décidera venir saluer le roi, au nom de la jeu-
nesse studieuse, en lui présentant une pièce de vers de
sa composition. Elle était délicieuse ! et Henri II, qui
était connaisseur presque autant que son père, la trouva
charmante.
— Quel poète vous avez-là ! s'écria-t-il, en s'adressant
à Diane de Poitiers.