Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                  LA F0P4TAÃKE DU DIABLE.                297

    — Je vous l'avais bien dit, sire ! regardez encore cette
 figure de génie !..
    — Ah! c'est vrai... Jeune homme, on m'avait déjà
 parlé de votre talent; je veux vous emmener à Paris,
 comme secrétaire. Demain, vous me donnerez votre
réponse, chez M. le sénéchal.
    Le roi continua à cheminer, avec sa suite brillante, au
milieu d'une foule empressée, écoutant ces harangues in-
 terminables, qui doivent être les plus fastidieuses choses
pour les monarques. Henri IV ne disait-il pas plus tard :
— « Ce sont elles qui ont fait blanchir mes cheveux ! »
    Et le Béarnais avait raison.
    On avait dressé des arcs de triomphe sur le parcours,
jusqu'à la demeure du sénéchal, où le prince devait sé-
journer. Je n'entrerai pas dans les détails de toutes les
fêtes en l'honneur de cet hôte illustre : réceptions magni-
fiques, grands dîners de gala, courses de chevaux, jeux
 de paume, joutes, bals champêtres, etc.; — l'imagina-
 tion du lecteur suppléera à ce que je veux omettre, dans
 la crainte d'être accusée de commettre des longueurs...
 comme les faiseurs de harangues. — Je parlerai seule-
 ment de quelque chose qui est trop dans mes goûts pour
 que je garde le silence là-dessus.
   Le Rhône bleu et triomphant, dont les caresses eni-
vrent Valence, méritait bien des fêtes vénitiennes, avec
des gondoles glissant sur ses ondes, des gondoles ornées
de mille verres de diverses couleurs, se reflétant dans les
eaux profondes, tandis que des chants de gloire et d'amour
se faisaient entendre dans ces petites barques de forme
italienne et sur les bords du fleuve imposant. Quelle belle
nuit étoiîée ! Une sérénité ineffable, une voluptueuse dou-
ceur étaient répandues dans l'air; la musique avait de ces
accents d'une grâce, d'une mollesse, puis, d'un charme