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 524                          HISTOIRE

  descend prendre au sein de ses appartements un repos qu'il a
  depuis longtemps oublié.
     Rien n'échappe à ceux que le danger environne ; la joie
  du chef se communique aux soldats; on cause du change-
  ment opéré dans les traits et le sourire de celui sur qui pèse
  une si terrible responsabilité et chacun sent grandir ou renaître
  sa confiance et son ardeur.
     Aussi quelle ne fut pas la stupéfaction des assiégés quand
  ils virent, dès l'aurore, un parlementaire sortir du château,
  s'avancer vers les avant-postes et demander à être conduit
  au comte de Savoie. La forteresse était-elle donc si démantelée
 que toute résistance fût devenue impossible ? les progrès du
 siège avaient-ils donc été si grands depuis deux jours? et
 celte joie, celle espérance, cette ardeur si visibles sur le front
 du belliqueux vieillard, n'était-ce qu un mensonge, une
 feinte ? Les regards, du haut des remparts, suivent le parle-
 mentaire : il s'approche des lignes; les Savoisiens viennent à
 sa rencontre; il est inlroduit.au sein des travaux des
 ennemis.
     Conduit devant les chefs, le Dauphinois expose que Varey,
 après avoir résisté à une armée entière, peut tenir longtemps
 encore ; que la petite garnison est bien approvisionnée ; que
les remparts extérieurs ont seuls souffert, mais que toute
résistance a ses limites, et que, pour éviter une cruelle effu-
sion de sang, le commandant du château, après avoir fait
tout ce qu'il élait humainement possible de faire, demande
une trêve de douze jours pour laisser reposer la garnison et
l'armée ; les douze jours accomplis, le commandant ouvrira
ses portes, s'il n'esl secouru. Le prudent envoyé évite de
prononcer le nom de Hugues de Genève dans une assemblée
où son chef compte de mortels ennemis.
    A cette proposition, des voix s'élèvent, et les avis se par-
tagent. Beaujeu veut la poursuite du siège sans trêve ni