page suivante »
HISTOIRE. 293
vait être la base de la représentation nationale, équiva-
lait à quatre lieues de pays.
La discussion fit subir de nombreuses modifications
au projet de Thouret, mais on en conserva le fond.
Mirabeau proposa de porter à cent vingt le nombre des
départements; mais sa proposition fut écartée comme
ne conduisant pas au but qu'on voulait atteindre, la fu-
sion des races. En effet, ce n'est pas la France qu'il
divisait ; mais les provinces, auxquelles il conservait
leur ancienne délimitation. Le député Duquesnoy était
mieux inspiré, lorsqu'il disait, dans la séance du 4 no-
vembre:
« La division de la France doit être soumise aux lois
physiques et aux bornes naturelles. Elle doit avoir pour
but de fondre les esprits et les mœurs, de manière qu'il
n'y ait en France que des Français et non des Proven-
çaux, des Normands, etc. Le plan du comité remplit
cet objet important ; il faut adopter ce projet; il ne faut
pas différer de l'admettre, et j'ose le dire, l'Assemblée,
qui a tué en deux jours les deux corps les plus redou-
tables (1), doit mettre à créer autant de zèle qu'à dé-
truire. Il ne faut pas iaisser les provinces se tracer elles-
mêmes des divisions. Nous devons tout faire ici. »
Cet avis fort sage fut suivi par la Constituante. Voici
quelles furent ses décisions, rendues exécutoires par
lettres patentes du roi du mois de janvier 1790.
« Art. 1 er . Il sera fait une nouvelle division du
royaume en départements, tant pour la représentation
que pour l'administration. Ces départements seront au
nombre de 75 Ã 85.
(1) la noblesse et le clergé, qui venaient de perdre leurs privilèges.