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372 BIBLIOGRAPHIE. La seconde différence entre les termes de la langue litté- raire et ceux du patois, c'est que ceux-ci sont souvent sans correspondant avec des analogues français; cela vient de ce qu'eux-mêmes sont très-légitimement français, mais ont été oubliés depuis une certaine époque: ils ont vieilli. M. Gras a sans doute colligé ces mots, mais il nous semble qu'il ne les a pas assez mis en évidence surtout par des exemples pris dans les anciens auteurs. Ce point particulier est au contraire ce qui fait le premier intérêt du Glossaire du centre de M. le comte de Jaubcrl. Enfin une autre catégorie de mots patois n'existe ni dans le français actuel ni dans l'ancien français. Ceux-là peuvent s'expliquer soit par le latin, soit par le celtique. De ce nombre sont les termes purement locaux , les noms de lieux surtout. 51. Pierre Gras leur a consacré tout un cha- pitre dans l'histoire littéraire du patois, et ce n'est pas le moins intéressant ni le moins savant du livre. Nous y re- viendrons. En résumé, le Dictionnaire du patois forézien, bien colligé, accompagné de petites notices de bon goût, de dictons, d'a- necdotes, est loin d'offrir la sécheresse et la stérilité des glossaires ordinaires. Nous n'avons qu'un léger reproche à lui faire, c'est, en dépit de la recommandation de l'introduc- tion, une trop grande sobriété d'étymologie, j'entends de celle éiymologie comparative, qui procède par intermédiaires et ne rapproche pas du coup les extrêmes. Je prends un exemple : je. trouve dans le dictionnaire forézien \emoi Liette, tiroir. Un petit travail comparatif nous fait voir que ce n'est là qu'une forme de Lmjclle , vieilli en français dans le sens de tiroir, mais dont nous avons conservé Layclier, fabri- cant de tiroirs. Joignez à cela le manque de comparaison avec le vieux français (quand même à la rigueur on ne de- vrait pas comparer un dialecte (ïoe à ce qui est censé être