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                         ORIGINES DE LUGDUNUM.                             509

 quable, suppose naturellement l'identité du culte ; dans le second,
 tous les doutes sont levés, puisque nous tenons la chose même
 qui causait notre incertitude ; mais, dans l'un et l'autre cas, nous
igagnons une preuve nouvelle des relations de langage et de re-
 igion, conséquemment de nationalité, qui rattachent les Volces
aux Belges ou Germains cisrhénans.
   Or, TAsa vénéré sur les bords de l'Asericus, quel qu'il soit, était
le roi des Ases, Odin, considéré comme Nickar « Maître des eaux,»
et changé par les Romains, tantôt en Hercule Macusanus « des
marchés (1), » tantôt et tout simplement en Neptune. Le nom
de la localité où l'inscription s'est trouvée, Odenhuis « d'Odin-
temple, » ne peut laisser de doute à cet égard (2).
   Comme chef des mers, comme dieu du commerce fluvial et
maritime, Odin-Nickar est en relation étroite et constante avec
les Nehœ ou Ncchs, par le nom comme par le culte. Ces déités
lui sont associées dans tous les temples élevés en son honneur ;
et leurs attributs, quoique distincts, sont inséparables. Les bas-
reliefs d'un monument de Nehalennia,Nechs qui parait topique en
Flandre et en Zélande, font voir cette ondine à côté de Macusa-
nus (3). A Dombourg, dans l'île de Valcheren, un autel la montre

   (1) Sur Nickar, v. Pougens et M. de Sourdcval, Loc. cit. — Macusanus,
alias Magusanus, magus dans la chorographie gallo-romaine, de mag, mach,
latinisé, machus ou macus par Cicéron (Funt., c. 9), et donnant les sens
de : plaine, champ réservé « in Hibcmià- . . Dearmach linguà Scotorum,
hoc est lioborum campus » (Bode, Hist. eccles. angl., t. m, p. 4) ; d'em-
placement destiné aux transactions, place de ville, cour (Zeuss, Gramm.
celt., p. 5. -~ Mon. Celt. F., 229).
   (2) Plus littéralement « demeure d'Odin » à'Oden pour Odin, et mé.-
goth. hur, ail. haus, angl. house, maison, demeure.
   (3) Keysler et Pougens, loc. cit. — Nehalennia « la jeune » ou « douce
nechs » de neha, éclairci dans la note 9 e , et ludesq. len ou lenn, aujour-
d'hui lein, diminutif d'affection, constaté par Aug. Thierry (liée. Méroving.,
art. Pépin) ; dans Bappolenns et Pappolenus, personnages de l'ère mérovin-
gienne. Lcnn est bien un diminutif de bonne part : il a pour équivalents,
en lat. lenis, doux, mot-à-mot, doucement diminué, légèrement aminci;
en cymr. léan. Uanes, vierge, jeune fille consacrée à Dieu, anciennement