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DU CHATEAU DE VAREY. 513
murs que les catapultes ébranlent et que le marteau doit
achever. Sous le choc des masses qui heurtent les hautes tours,
la pierre se casse, les remparts s'entament et avant que le
soleil ne soit couché derrière les marais de la Dombes, d'af-
freux ravages se font voir sur tous les points de l'orgueilleux
rempart.
On n'en peut douter, la journée est bonne; mais la cha-
leur a été brûlante et les plus fiers courages sont fatigué?. Au
signal de la retraite, l'armée rentre avec empressement sous
ses tentes; des postes nombreux sont laissés à Ja garde des
travaux, des troupes repostes viennent remplacer ; elles qui
ont combattu; la confiance règne d'ailleurs dans tous les
esprits. Au dire des anciens soldats, la puissance des assail-
lants ôte à !a citadelle la possibilité d'une longue résistance.
L'abondance règne dans le camp, les chefs ont fait preuve
d'entente et de valeur, le ciel promet une longue suite de
beaux jours, tout est à souhait pour cette multitude qui s'a-
brite sous les plis du drapeau à la croix blanche et qui goûte
les délices de la fraîcheur et du repos en causant de,sa vail-
lance et de ses exploits.
Bientôt la nuit la plus profonde endort les soldats. La ru-
che humaine bourdonne doucement, puis tout s'apaise, tout
s'éteint, silence du calme el du repos, non de la solitude et
de la mort.
Cependant, non loin de là , le vieux renard dauphinois ne
dormait pas. Enfermé dans sa tanière, courroucé mats non
vaincu, il s'apprêtait à faire payer à ses ennemis leur inso-
lente sécurité. Vers le milieu de la nuit, avec des précau-
tions infinies, il fait abaisser le rontlevis, sortir ses troupes
et lance sur les postes avancés une avalanche armée qui
balaye soldats et travailleurs, renverse ce qui lui résiste et,
allant droit devant elle, porte au loin le carnage et la destruc-
tion. Allemands, Savoisiens, Bourguignons sont égorgés ; des