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516                        HISTOIRE

cris s'élèvent le long desflancsde la colline, l'armée au loin
se réveille et les soldats, en s'armant â la hâte, ne savent pas
si le château est pris, ou si une armée de Dauphinois, venue
on ne sait d'où, ose attaquer leurs lignes et forcer leurs
retranchements.
   Edouard, Guichard, Guibourg, se précipitent au secours
de leurs soldats; le duc de Bourgogne, le comte d'Auxerre,
se mettent à la tête des réserves. Les étoiles brillent dans le
ciel, mais la nuil n'est pas assez éclairée pour qu'on puisse
découvrir tous les pièges que cache la plaine. Les forêts ne
sont pas éloignées et leurs profondeurs peuvenl receler des
ennemis; la confusion est partout. Des éclaireurs se glissent
dans toutes les directions et sondent l'obscurité; la masse des
troupes se met en bataille, l'élite des soldats de la Savoie s'é-
lance à la suite de son souverain et vole, au sommet de la col-
line, à la défense des tours, des catapultes et des béliers tom-
bés au pouvoir des Dauphinois.
    Edouard gravit la hauteur et tout annonce que son choc
sera irrésistible; il arrive et derrière lui on entend la marche
de l'armée. La cavalerie le suit de près ; les casques brillent
et le galop des escadrons retentit sur ses pas. Indigné,
superbe, il rallie les fuyards-, les soldats reviennent; tous
ensemble courent à l'ennemi. Mais les Dauphinois ne parais-
sent nulle part ; les champs, les bois n'opposent aucune résis-
tance; on marche en vain, on ne sait où rencontrer ceux qui
ont jeté le trouble au milieu des assaillants, et qui, fuyant
dans les ténèbres, n'osent pas attendre la vengeance du jeune
et intrépide guerrier.
    On les voit enfin, ils apparaissent, mais à la lueur de l'in-
cendie. Des résines ont mis le feu aux machines du siège,
des torches enflammées ont été jetées sur les troncs d'arbres
amoncelés dans le ravin. Le château est entouré d'une cein-
ture de feu et les assiégés, derrière leurs épais remparts, sui-