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510 ORIGINES DE LUGDUNUM.
pressant de ses pieds une proue de navire, attribut de Neptune,
et tenant sur ses genoux une corbeille de fruits, l'un des attributs
ordinaires de l'ordre divin des Nehœ (1).
En général, on peut affirmer que, dans toutes les contrées où
vécut la race cymrique, le culte de l'Asa suprême Odin est un
indice assuré d'un culte des Nehœ, proche ou parallèle. Nous
avons Odenhuis. Ajoutons la Zélande et les Flandres dont le
peuple, adorateur fervent des Nehœ, honorait aussi le souverain
des Ases (2), et les pays Volces de la Gaule méridionale où la
qualité céleste d'Odin s'est conservée dans les dénominations :
ancienne d'Asa, moderne d'Anse. Des vestiges plus ou moins
apparents d'honneurs religieux rendus aux Nehœ se remarquent
de toutes parts chez les Volces-Ségusiaves ainsi que chez les
Volces-Arécomiques et Teetosages. Ce sont des Neclis qui, au
nombre de trois, décoraient une pierre votive, autrefois encastrée
dans le portail de l'église d'Aisnay , on les reconnaissait à leurs
pommes de pin et à cette inscription :
MAT.AVG.PIC.EGN.MEP. (3)
c'est l'une d'elles, Nehalennia, qui se trouve décrite, comme dé-
couverte à Nîmes, dans l'ouvrage de D. Martin sur la religion des
Gaulois (4). C'est enfin le nom même de ces déesses, le cymr.
diacre, novice, d'où, au ixe siècle, le comparatif lêonach, ecclésiastique.
C'est de léan que feu E. Johanneau dérivait 1'élémenl suffixe de Nehalennia
(v. Mém. de l'Acad. celt., t. 1, p. 177).
(1) AIGX. Lenoir,,Bey. des princip. monum., etc., dans les Mèm. de
l'Acad. celt., t. rv, p. 7 et 8.
(2) Cf. M. A. Maury, Les Fées du moyen-âge, p. 63 à 64, en note. —
M. Smytterc, sur le Vouvenberg, mont de Vouvin en Flandre (27 e Session
du Conç/r. Archêol de France, p . 189). — S. Grimm, sur Ouvin, l'Odin
des îles Féroë {Deutsche mylliol,, p. 194).
^(3) Lecture du P. Ménétrier (Hist. de Lyon, 11-443). M. Monfalcon
(Hist. de Lyon, 11-1513, n° 29) donne ces différences dans les noms du
consécrateur :
MATR. AVG. PH. LEGS. MED.
(4) T. u, p. 79 et suivantes.