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                         ORIGINES DE LUGDUNCM,                            511
 Nechs ou Nichs, que des lames de plomb provenant de la source
 d'Amélie-les-Bains, offrent dans ces diverses transcriptions
 grecques et latines :
                NISK-fti, NICF-«S, NIEK-OS, NIRAS-OS ( 1 ) .

   Rappelons-nous maintenant les ancres, les proues entrelacées
et les fruits mêlés aux attributs nautiques, qui décorent l'opus
musivum des villas gallo-romaines d'Asa-Pollilui ; rappelons-nous
encore l'heureuse situation d'Anse au confluent de l'Azergue et
de la Saône, et cette campagne dont la fertilité a donné naissance
au fameux dicton populaire :
                     « De Villefranche à Anse
                     La plus belle lieue de France, »

 puis comparons et décidons.
    Et qu'on ne s'étonne pas de nous voir demander au Valhalla le
nom d'une divinité des bords de la Saône. Ce nom ne peut ap-
partenir qu'à la mythologie des peuples du Nord. La présence
simultanée de l'élément dont il se forme, dans la Grèce et dans
la Gaule, prouve seulement que des peuples de même origine
professaient une religion semblable dans les deux contrées, avant
l'arrivée des Hellènes et des races cymriques. Quant à celles-ci,
leur longue station au bord de la Baltique, au centre même du
culte d'Odin, et leur parenté avec les Germains, attestée par
saint Jérôme (2), sont des motifs plus que suffisants pour attribuer
l'origine du culte et du nom d'Asa Pollini aux Ségusiaves, tribu


  (1) Rev. archéol., t. iv, pi. 7 1 , n° 8. — M. Monin [Monum. des idiom.
celt., p . 25 à %8).
   (2) Les Galates habitaient la Galatie, empire asiatique des Volces-Teelo-
sages. Les Trévires et les Nervicns, peuples belges ou cymris (Appien, De
bell. gall., p. 754, édit. H. Siephan., 1592), se vanlaient d'une origine
germanique (Tacite Germ., e. 28). Or, saint Jérôme, très-savant linguiste,
comme on sait, s'exprime ainsi sur l'idio »>e galate : « Galatas. . .propriam
linguam eademque pêne habere quam Trevcros, nec referre si aliqua exinde
corruperint « {Ad Galatas, n, Prœfat.).