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426 HISTOIRE
puisse oous éclairer à leur égard, les titres sont muets Les
historiens du Lyonnais nous apprennent, comme un fait sans
importance, que l'abbaye d'Ainay, que celle de Saint-Pierre,
que celle de l'Ile-Barbe (1), que les églises de Saint-Georges,
de Saint-Paul, que les recluseries de la Platière et de Saint-
Clair ont été détruites par les Sarrasins; mais on passe sur
ces faits comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ;
et cependant l'invasion, le séjour et la dispersion de ces
étrangers est un des points les plus intéressants et les plus
curieux de nos annales. D'où venaient-ils?Qui les comman-
dait? Où allaient-ils? Quelle fut leur défaite? Que sont-ils
devenus? Existent-ifs encore? En trouve-1-on des traces
ailleurs que dans la tradition des peuples? Nul ne s'en préoc-
cupe et n'en parle. C'est une lacune à combler, mais, pour
— « Une colline, près de Montmerle, est appelée Côte-des-Sarrasins (a).
II y avait près de Pont-dc-Ycyle une espèce de chaussée qui était appelée
Etourne-des-Surrasins. Il y a à l'ouest d'Ambronay, à deux kilomètres de
se bourg, quelques restes d'une enceinte fortifiée; la tradition lui a donné
le nom de Fort-Sarrasin, et c'est sous ce nom que cotte enceinte est
désignée dans la grande carte de la Bresse et duBugey par Seguin. » —
Lateyssonnière, Reeh. hist., t. I , p . 181.
« . . . il nous reste toujours ce fait qu'un type particulier, quelle que
soit son origine, s'est perpétué jusqu'à nos jours* parmi nos paysans de la
Bresse. » Roget de Belloguet. Ethnogènie gauloise.
Vou se y a sequ'unou couquins,
Que sount pis que lou Sarrasins.
Chans. de Boyron, p. 25,
Onofrio, Glossaire des patois du Lyonnais, etc., au mot Saiqu'tin.
(a) Cette colline est aussi appelée par les ^habitants de Montmerle Tchollet ou Tsollet. On y a
trouvé des débris d'épées, de lances et autre; armes ; des médailles romaines et des fragments de
statuettes Les babitaDts de Montmerle disent que^Tchollet était une ville quia été détruite
par les Sarrasins ; ceux de Sandrans assurent que leur villagea été autrefois plus considérable, mais
qu'il a été ravagé par les Sarrasins, [Soles lie M. Jauffred.j
(1) « Charlemagne releva de ses ruines l'abbaye de l'Ile Barbe, qui avait
étébrûiée par les Sarrasins. » Lateyssonnière, Rech. hist., 1.1, p. 195.