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MOSAÃQUES D'UN RÊVEUR. 181
quelques âmes délicates, n'est qu'une des manifestations de
la grande loi de l'équilibre universel.
III.
0 toi, que les anciens appelaient l'Olympe, que les Scan-
dinaves nommaient PFallalah, que les (ils du Coran saluent
sous le nom de Paradis, que les Chrétiens appellent et dési-
rent sous celui de Ciell Séjour immortel, asile des délices
infinies, Océan des jouissances éternelles et sans bornes, r é -
munération des justes !.... Qu'es-tu? quelle est tanature,
ta forme et ta manière d'être? En quoi consiste le bonheur
sans nom promis à ceux qui te verront ?... Ce bonheur tel
qu'aucun œil ne l'a vu, que nulle oreille ne l'a entendu, et
que nul esprit n'a pu le comprendre?
Dis; parle; réponds !
Mais non ; le silence et la nuit t'environnent, et tu restes
muet.
Oh ! sphinx ! oh ! secret insondable ! oh ! abîme ! gouffre
et vertige !
S'il était donné au regard humain de percer un instant tes
voiles, oh! mystérieuse et radieuse sphère, il me semble que
lu nous chanterais avec les mille harpes d'or de tes séra-
phins cet hymne que les langues de la terre sont impuissantes
à traduire :
« Venez à moi, vous tous qui avez beaucoup vécu par la
pensée et l'intelligence, vous, qui possédés de la nostalgie
de l'infini, avez consumé vos jours à la recherche de l'ab-
solu; venez, venez! et dans la perception immense e; com-
plète, dans la vision éclatante de cet absolu tant cherché,
élancbez cette soif inextinguible qui brûlait vos lèvres. Ces
secrets introuvables de la nature et deJa création; cette har-