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                       D^CHAZEIXE.                     1?1

brasser la vie religieuse, car je vois que je ne suis bon à
rien, et je me sens indigne de vos bontés. » Alors il
raconte à M. Douay l'affront qu'il a reçu dans la mai-
son où il l'avait placé et le chagrin qu'il en éprouve.
« Vous êtes un enfant, lui dit le bon maître ; venez
avec moi, nous arrangerons cette affaire. » En effet, on
retourne chez le vieux fabricant. M. Douay se plaint du
peu de cas qu'on a fait du sujet précieux qu'il avait pro-
curé, et de ce qu'on n'a pas la patience d'attendre les
prémices de ce jeune arbuste (c'était son expression).
Enfin, cédant aux instances du respectable professeur,
on consent à reprendre le jeune homme et à l'essayer
encore pendant quelque temps. Un mois s'étant écoulé,
le fils Dechazelle s'était appliqué à faire des études de
fleurs d'après nature et en avait tapissé les murs de son
cabinet. Le chef de la maison étant venu le visiter, sur-
pris de cette collection agréable, lui demande d'où il l'a
tirée. « Ce sont mes ouvrages que je viens de terminer,
 dit-il d'un ton digne. — C'est très-bien, mon cher mon-
sieur, continuez de la sorte, et il ne vous manque plus
 que l'expérience de la fabrication ; nous tâcherons de
 vous la faire connaître. » .Ces paroles rassurantes rani-
 mèrent le zèle du jeune artiste, qui chaque jour faisait
 des progrès étonnants dans son art.
    Il y avait dans le même magasin un dessinateur en
 chef, d'un âge mûr. C'était un homme du monde, à belles
 manières, aimant les plaisirs et la grande société. Charr
 mé de trouver sous sa main un aide habile et complais
 sant, il tâche de le façonner au plus vite, pour avoir
 plus de temps à donner à ses amusement^. Souvent,
 pressé de se rendre dans quelque réunion de salon, il