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172                      DECHAZELLE.

trace à la hâte, seulement au crayon, sur un papier
réglé, la disposition des sujets qu'il veut traiter, indique
les couleurs et l'effet, mais avec tant de précipitation
que le jeune homme avait peine à se rendre compte de
ce qu'il venait d'entendre. Toutefois, brûlant du désir de
se rendre utile, le dessinateur no\ ice faisait tous ses
efforts pour répondre à l'attente de celui qui voulait bien
le former. Il ne tarda pas à comprendre qu'à force d'être
employé d'une manière utile, il ne resterait pas long-
temps sans voir se développer toutes les ressources de
son talent. Cependant, l'imprudent dessinateur en chef,
trouvant commode de briller aux dépens de son élève, se
livrait de plus en plus aux plaisirs de la société. Il pen-
sait que, sans son secours, ce nouvel aide ne pourrait
se soutenir dans la carrière qui lui était frayée, et qu'il
le tiendrait toujours en sous-ordre. D'après cette idée,
voulant profiter de la circonstance, il osa demander à
ses chefs une forte augmentation de traitement. Comme
l'intérêt rend le fabricant très-clairvoyant, on questionne
le jeune dessinateur, qui se tenait à l'écart pour ne pas
nuire à son maître ; on lui demande si ce n'est pas lui
qui a fait tels et tels articles ; il répond que c'est vrai,
mais avec le secours et les idées de son guide. Celui-ci
ayant été sollicité pour entrer dans une maison rivale,
avec un traitement beaucoup plus fort, met le marché à
la main de ses chefs et se retire. Le fils Dechazelle, désolé
de la perte de son mentor, plaidait pour lui ; il craignait
de ne pouvoir se soutenir sans ses conseils. Il conjure
ses chefs de ne point le laisser partir ; mais l'affaire étant
décidée, on fut inexorable, et l'on promit au jeune
homme, pour le consoler, une augmentation de traite-