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 l'ont rédigée et signée, en trouveront le texte dans le supplément au n° 103
 du Journal de Pelzin. Nous nous bornerons Ă  en reproduire seulement la
 partie finale, qui résume admirablement tout ce que pensaient les gens
 sensés de la ville, en communion parfaite d'idées avec les militaires qui se
 faisaient, quoique à tort en raison de leur qualité, leurs éloquents inter-
 prètes.
       « Quand le sang d'un malheureux père de famille — s'écriaient les
 rédacteurs de l'adresse — indignait, soulevait, exaspérait tous les cœurs ;
 quand des milliers de citoyens, se retraçant tous les maux qu'ils ont éprou •
 vés, demandaient vengeance-; quand, sans armes, mais avec l'énergie du
 pays, leurs voix tonnaient contre les anarchistes, il eût donc fallu ordonner
 aux troupes le massacre inutile des insurgés ? Il eût donc fallu appeler aux
 armes une ville populée (sic) que le royalisme habile à profiter de tout,
 aurait entraînée, la forcer à lutter contre les deux bataillons qui, avec une
résistance opiniâtre, immolant beaucoup de citoyens, eussent aussi beau-
 coup perdu des leurs ?.. Si le sang des citoyens, si celui des soldats, n'est pas
précieux, oh! le général qui a voulu le ménager est coupable, le gouverne-
 ment a dû le destituer ! Au narré précis de l'événement, aux réflexions qui
s'ensuivent, nous n'ajouterons rien ; nous terminerons en déclarant au
Directoire exécutif :
      « Que le général Montchoisy a exécuté de tout son courage la constitu-
tion ; que sa conduite, sa fermeté, sa prudence pendant le premier jour de
prairial, loin de valoir sa destitution, lui méritent la reconnaissance et les
Ă©loges des bons citoyens et des braves militaires ;
      « Que le Directoire exécutif a été trompé ;
      « Que la perte d'un général dont la moralité, les talents, la sagesse et les
 vertus civiques et morales sont connus, est un grand malheur pour les
armées qu'il honore ;
      « Que l'injustice commise envers un officier supérieur aussi recomman-
dable doit être réparée, ou que les militaires, amis de leur état, dévoués à
l'ordre, à la justice, au maintien du gouvernement, doivent désespérer de
servir utilement si le sort des meilleurs généraux dépend du rapport d'une
autorité suspecte ou des efforts de l'intrigue... ».
      Et l'adresse se terminait ainsi :