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— 348 — l'ont rédigée et signée, en trouveront le texte dans le supplément au n° 103 du Journal de Pelzin. Nous nous bornerons à en reproduire seulement la partie finale, qui résume admirablement tout ce que pensaient les gens sensés de la ville, en communion parfaite d'idées avec les militaires qui se faisaient, quoique à tort en raison de leur qualité, leurs éloquents inter- prètes. « Quand le sang d'un malheureux père de famille — s'écriaient les rédacteurs de l'adresse — indignait, soulevait, exaspérait tous les cœurs ; quand des milliers de citoyens, se retraçant tous les maux qu'ils ont éprou • vés, demandaient vengeance-; quand, sans armes, mais avec l'énergie du pays, leurs voix tonnaient contre les anarchistes, il eût donc fallu ordonner aux troupes le massacre inutile des insurgés ? Il eût donc fallu appeler aux armes une ville populée (sic) que le royalisme habile à profiter de tout, aurait entraînée, la forcer à lutter contre les deux bataillons qui, avec une résistance opiniâtre, immolant beaucoup de citoyens, eussent aussi beau- coup perdu des leurs ?.. Si le sang des citoyens, si celui des soldats, n'est pas précieux, oh! le général qui a voulu le ménager est coupable, le gouverne- ment a dû le destituer ! Au narré précis de l'événement, aux réflexions qui s'ensuivent, nous n'ajouterons rien ; nous terminerons en déclarant au Directoire exécutif : « Que le général Montchoisy a exécuté de tout son courage la constitu- tion ; que sa conduite, sa fermeté, sa prudence pendant le premier jour de prairial, loin de valoir sa destitution, lui méritent la reconnaissance et les éloges des bons citoyens et des braves militaires ; « Que le Directoire exécutif a été trompé ; « Que la perte d'un général dont la moralité, les talents, la sagesse et les vertus civiques et morales sont connus, est un grand malheur pour les armées qu'il honore ; « Que l'injustice commise envers un officier supérieur aussi recomman- dable doit être réparée, ou que les militaires, amis de leur état, dévoués à l'ordre, à la justice, au maintien du gouvernement, doivent désespérer de servir utilement si le sort des meilleurs généraux dépend du rapport d'une autorité suspecte ou des efforts de l'intrigue... ». Et l'adresse se terminait ainsi :