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                      DANS L'ANCIEN FOREZ                       373

   Affirmations, syllogismes, arguments, ont robuste appa-
rence; mais ce n'est qu'une construction en l'air; elle se
balance à un fil et tout à l'heure il sortira une main
prompte à le couper; tout s'écroulera avec fracas; nous
assisterons à la dégringolade; contentons-nous pour l'ins-
tant d'observer que la partie recommence, à Lyon, au point
même, où elle avait été suspendue, dans le chef-lieu de la
province voisine. Ainsi, Maligeay est forcé de tirer son
atout suprême et de le jouer ; mais dès qu'il est tombé sur le
tapis, le partenaire, plus habile ou mieux instruit que jadis,
ne s'ingénie plus à le couvrir, il s'écrie simplement : on
triche, la carte est biseautée. Auquel des deux hommes de
robe, du prêtre ou de l'avocat, revient la résolution de
pousser ferme cette accusation et de démasquer le faux
bonhomme, si sûr de ses papiers et de lui-même ? Il con-
vient, je pense, de tenir la balance à peu près égale entre
eux; celui-là découvrit la ruse, celui-ci comprit l'intérêt
absolu qu'il y avait à la percer à jour. Les hésitations et les
ménagements de la première rencontre, à la Sénéchaussée
forézienne, cessèrent; on supprima les allusions et les sous-
entendus; en flétrit net et haut la supercherie.
   La prétendue quittance, revêtue du seing de Me Parisis,
répète l'orateur des marguilliers d'Essertines, dans deux
répliques sévères du 13 et du 28 juin, est apocryphe de la
première syllabe à la dernière; elle est l'œuvre d'un faus-
saire. M. Peillon n'y reconnaît pas l'écriture de son devan-
cier; il n'y retrouve ni son style, ni sa manière de dessiner
les lettres, ni aucun des signes et des caractères spéciaux,
qui distinguent les autographes sortis de la plume de l'ancien
desser/ant. Il n'a pas fait cet acte; il n'a pas pu le faire; l'acte
est en effet daté du 10 juin 1764 et quitte Jean Gonin de la
pension, dont il solde le paiement total. Or, Jean Gonin