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272 LA COMPLAINTE La Complainte des conscrits de 1810 est restée célèbre : Je suis t'un pauvre conscrit De l'an mil huit cent dix... ...Ils nous font tirer z'au sort, Tirer z'au sort, tirer z'au sort, Pour nous conduire à la mort. Puis venait la pensée de l'amie que tout conscrit laissait au pays : Adieu nos chères, beautés Dont nos cœurs sont z'enchantés. Mais ils gardaient l'espérance : Ne pleurez pas notre départ Nous reviendrons tôt z'ou tard. Combien ne revenaient pas ! Sous Louis XVIII, l'opposition fit à la complainte sur l'assassinat du duc de Berry un accueil qu'elle ne méritait guère, si j'en juge par le couplet suivant : le Roi Devant son cher neveu S'arrache les cheveux Qu'il n'a pas sur la tête... Dit en voyant du sang : « Ce n'est pas du vin blanc. » J'ai beau chercher, je ne trouve là , ni la pointe, ni le trait. Les gazettes de l'époque ne se faisaient pourtant pas faute d'en fournir et des plus acérés. L'attentat de Fieschi permit à Victor de Laprade, —