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pour ameuter l'opinion publique, et rejeter sur d'autres la
responsabilité de leurs propres excès. Le tort des révoltés
fut de ne pas accepter le rôle de victimes résignées que
tant d'autres subissaient en mourant sur l'échafaud. Ils
pensèrent qu'il y avait mieux à faire. Menacés dans la sécu-
rité de leurs personnes et de leurs familles, ils se rendirent
à leur tour menaçants et firent trembler un moment leurs
tout puissants ennemis. Leur audace fut cruellement châtiée.
   Les Lyonnais avaient accepté de la Révolution les
réformes qui méritaient ce nom. Mais, suivant une expres-
sion moderne, ils repoussaient le bloc. Ils le prouvèrent
aux élections des divers pouvoirs publics organisés par la
Constitution du 14 septembre 1791- Leurs députés à la
Convention votèrent en majorité contre la mort du Roi. La
nouvelle administration des provinces comprenait trois
assemblées : le Directoire du département, celui du district
et le Conseil de la commune. Les électeurs de Rhône et
Loire nommèrent pour le département et le district des
hommes d'opinion moyenne. La Municipalité de Lyon fut
elle-même d'abord modérée. Mais par les intrigues des uns
et la lassitude des autres, après plusieurs changements de
maire, elle finit par tomber aux mains des jacobins. A côté
de ces pouvoirs élus, à Lyon comme à Paris, l'influence
des clubs ne tarda pas à devenir prépondérante ; Joseph
Châlier était l'âme de ces réunions, où il introduisit l'es-
prit et les procédés d es pires révolutionnaires de la capi-
tale.
   Dès lors, il n'y eut plus de sécurité pour les personnes.
Des bandes d'individus armés de fouets attendaient à la
sortie des églises les femmes chrétiennes et leur infligeaient
publiquement ce que ces gredins appelaient la fustigation
civique. En janvier 1793, à l'occasion du procès du Roi,