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3 16               FÉODALITÉ ET VASSALITÉ

    Bientôt les populations, fuyant les invasions nouvelles, et
 les seigneurs, cherchant dans un site élevé et difficile, un
repaire pour s'y renfermer et s'y défendre, élevèrent des
châteaux et des fortifications sur les collines et les mon-
tagnes. Ces châteaux devinrent si nombreux après Charle-
magne que Charles-le-Chauve tenta de les détruire en
publiant ses capitulaires (864). Mais il n'y parvint pas et le
nombre des châteaux alla toujours croissant, malgré le
déplaisir du roi et des suzerains eux-mêmes qui voyaient
leurs vassaux se prémunir contre leurs armes.
    Tout était fortifié : les monastères, les églises, les villes,
jusqu'aux arènes d'Arles et de Nîmes. On voit, à la fin du
XIe siècle, dans cette dernière ville, des chevaliers des
arènes. Les bourgeois imitaient les nobles.
    Dans son château, le seigneur était isolé et oisif. C'est
pour échapper à ces deux nécessités de sa vie nouvelle, qu'il
recherchait avec fureur les chasses, les combats, les aven-
tures.
    La vie quotidienne du possesseur de fiefs était un avant-
goût des croisades. Elle fait bien comprendre cette grande
excursion en Orient. Les mœurs de l'époque l'expliquent.
    On conçoit qu'une pareille existence repoussait, retardait
la civilisation qui ne pouvait pénétrer derrière ces murailles,
mais elle développait la vie de famille, et la condition des
femmes, principe nouveau de civilisation.
    La femme, en l'absence du mari, restait maîtresse, châte-
laine. Le fils aîné était aux yeux de son père et de ses
hommes l'héritier présomptif de la puissance doma-
niale. Cette révolution s'accomplit entre le ixe et le
XIe siècle.
    Pour remplir une existence aussi vide, car les guerres ne
se succédaient pas journellement et il n'appartenait qu'Ã