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EN FRANC-LYONNAIS 335 sérieux. Ees sires dé Beaujeu se sont toujours distingués, il est vrai, par leur piété et leurs libéralités envers les mai- sons religieuses. Si l'on trouve dans leur histoire assez détaillée, de nombreuses traces de leurs libéralités, ces libéralités s'exercent spécialement à l'égard des disciples de saint Bruno; mais il n'est fait nulle part mention de la moindre donation au monastère de la Bruyère. Ces seigneurs auraient-ils donc complètement abandonné ce qu'ils auraient fondé à proximité de la capitale de leurs États? Cela n'est pas vraisemblable. On pourrait faire valoir la même raison à l'égard des seigneurs de Villars. Mais il est un autre motif plus puissant pour refuser à ces derniers le titre de fonda- teurs, c'est que le monastère est antérieur à l'existence de cette famille et même à la famille des princes de Beaujeu. M.M.-C. Guigue, archiviste distingué dont s'honore la ville de Tré roux qui l'a vu naître, dans sa Topographie du dépar- tement de l'Ain, à l'article la Bruyère, dit qu'il est très probable que le prieuré fut fondé par les Palatins de Riottiers. Ce qui donne une certaine vraisemblance à cette opinion, c'est que les Palatins de Riottieis étaient les sei- gneurs les plus rapprochés de la Bruyère, qu'ils étaient riches et puissants, qu'ils comptaient parmi ses principaux bienfaiteurs, que l'on trouvait sur la liste des religieuses Agnès de Chabeu, de la branche aînée des Palatins. Guichenon, parlant de cettte famille, dit qu'elle était la « plus illustre de la souveraineté des Dombes et la plus remar- quable par ses alliances et l'étendue de ses seigneuries «.Mais tout cela ne suffit pas pour prouver que réellement les Pala- tins de Riottiers puissent être considérés comme fondateurs. Lorsque paraît pour la première fois le nom des Palatins de Riottiers, le monastère existait déjà . Nous allons exposer maintenant qu'elle est notre opinion