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            DE LA ROYAUTÉ ET DES COMMUNES                 245




                    B. —   LA ROYAUTÉ


    Au Xe siècle, la royauté a perdu les caractères sous
lesquels elle était acceptée dans les siècles précédents.
Quand Hugues Capet occupe le trône des Carolingiens
c'est plutôt comme grand possesseur de fiefs que comme
roi. On voit percer l'idée de légitimité et des regrets pour
la race déchue.
    Hugues et ses enfants possèdent un pouvoir nouveau. Ils
s'appuient sur le clergé plus que sur les hommes de guerre.
Hugues favorise sans cesse les ecclésiastiques séculiers et
réguliers. Il rend aux monastères la liberté d'élection dont
ils étaient privés depuis longtemps. Il s'approprie le carac-
tère chrétien et fait tout pour le développer. C'est sur cette
base chrétienne que s'appuyèrent les trois successeurs
d'Hugues Capet, Robert, Henri I er et Philippe I er . Sous
Louis le Gros la royauté a pris des forces. Elle n'est ni
impériale ni ecclésiastique. C'est un pouvoir public, distinct
des pouvoirs féodaux, appelé à les surveiller, à les contenir,
à protéger contre eux les faibles. C'est une espèce de justice
de paix universelle, au milieu de la France. A partir de
Louis VI et de son fils Louis VII, la royauté moderne existe ;
elle est fondée.
   A l'avènement de Philippe Auguste, la royauté n'était
donc ni purement héréditaire, ni purement élective, ni
concédée uniquement comme institution divine. Pas plus
définie dans sa nature, elle n'était pas absolue et cependant,
elle n'avait pas de limites connues exactes. C'était un pou-
voir vague capable de se développer et de s'étendre.
  Philippe chercha d'abord à mettre la royauté de fait au