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              LETTRES DE L ' É C O L E NORMALE                  73

même à s'adoucir. Je la remercie bien des mouchoirs de
poche qu'elle m'a envoyée. Je n'ai pas encore pu les porter
à ma tante qui m'a offert de me les faire ourler, mais je les
porterai aujourd'hui. A propos, j'ai causé de notre affaire à
M. Nisard, qui est chef de bureau au ministère et qui m'a
promis de m'appuyer chaudement.
  Adieu, mes bons parents, aimez-moi bien. Je pense à
vous sans cesse, et l'autre jour en parlant de vous à
M. Nisard, je me suis mis à pleurer au milieu de la rue,
ce qui m'a fait regarder de plus de dix personnes. Le brave
homme était tout attendri. J'espère que le bon Dieu sera
touché de cet amour et qu'il nous réunira. Je vous embrasse
en attendant.
                                           Votre fils.




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                                       Paris, le 5 juin 1841.



   Mon cher frère, il y a si longtemps que je ne t'ai écrit,
que je crains bien un peu que tu ne m'oublies; à vrai dire,
tu n'aurais pas tout à fait tort, car mon silence a vraiment
été trop long. Mais sans doute, mon cher ami, tu as vu les
lettres que j'écrivais à mon père et à ma mère, et tu sais
que dans toutes je parlais de toi. Je suis fâché d'être resté
si longtemps sans t'envoyer de souvenir particulier; mais
chaque jour je pense à toi, et il n'y a pas d'interruption,
je te jure dans cette correspondance de l'imagination et du
cœur, par laquelle je t'envoie chaque jour et mes vœux et
ipes baisers. Suis-je aussi présent à ta pensée? Je l'espère eç