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26 LE BIBLIOGRAPHE Leçons d'Antoine du Verdier, volume piteux qui traîne là depuis trois siècles, et que les Soeurs m'ont paru regarder comme un trésor sans prix ! Le château est en somme petit, des plus modestes, et ne mériterait pas une visite sans la fresque de la chapelle et la tourelle d'escalier. La tourelle est richement décorée, dans la manière de la renaissance, défigures mythologiques, de guirlandes et de motifs variés ; on lit sur une moulure, en petits caractères : Noscitur ungue leo. Je crois la tour plus ancienne que cette opulente ornementation : du Verdier, comme cela s'est fait si souvent au xvi* siècle, a dû l'éventrer du haut en bas pour y ajouter après coup une décoration plus riante. En 1493, u n a u t e ' fu£ consacré et dédié à sainte Agathe, dans la chapelle du château de Valprivas, en présence de Philippe de la Filhe, vicaire de ladite chapelle ( i ) . Sans le moindre doute, c'est bien celle qui sert encore aux pieux exercices de la communauté de Valprivas. L'oratoire, très bas, voûté en arc de cloître dont les nervures se nouent en écusson, est faiblement éclairé par une étroite fenêtre ogi- vale sans aucun ornement. Tout cela ne mérite pas un regard. Mais au fond, depuis la hauteur de l'autel, la muraille entière est couverte d'une fresque qui représente la Résur- rection des Morts ; les tons sont malheureusement éteints, et on ne peut plus distinguer aisément que les personnages du premier plan. Cette peinture murale de cinq mètres de longueur sur deux mètres de hauteur à l'axe de la ' voûte, met en scène, dans ce cadre restreint, près de cent person- nages en pied ou à mi-corps ; de quelques-uns on ne voit que la tête. M. Aimé Giron y voit, à tort ou à raison, « le (i) Theillière, op. cit., p. 198.