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62 MADEMOISELLE »E VIRIEU.
ciselait sur bois, pendant qu'on lui faisait la lecture ; elle doublait
ainsi l'usage du temps.
En admirant ses vierges et surtout ses anges, dont les formes
étaient si belles, et l'expression si céleste, j'ai vu des artistes de
profession s'écrier : « Ah ! si la nature nous avait départi un pa-
reil talent et de si heureuses inspirations, quelle fortune n'au-
rions-nous pas faite! > <
D'autres ajoutaient tout bas : :<• Quel dommage pour les arts
« qu'une telle femme n'ait pas été obligée de travailler pour
« vivre! » ,
Cette vie, qui fut dès l'enfance ballottée par tant d'orages, s'é-
teignit doucement dans la paix du Seigneur, au sein de la tran-
quille retraite de Poudenaz. Les consolations de la religion ne
manquèrent pas à sa piété. Les douceurs de la famille et celles
de l'amitié ne firent pas défaut à son cœur si ardemment dévoué.
Ses amis gardent pieusement sa mémoire ; ses parents sentent
le prix des grands exemples qu'elle laisse après elle, et com-
prennent que c'est encore la meilleure partie de son héritage.
En cela, les grands sacrifices de sa vie ont été largement récom-
pensés par la Providence.
Albert Du BOYS,
ancien magistrat.
Virieu ; il y s, dans celte cheminée, vingt-cinq personnages groupés avec
art : c'est une œuvre très-remarquable.
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La Combe de Lancey, octobre 1873.