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                  NOTICE SUR FRANÇOIS DE ROUAN.                427
de la juridiction de l'archevêque, et, refusant de lui obéir, elles
se pourvurent au Pape qui nomma un commissaire pour con-
naître de ce différend. Celui-ci excommunia l'archevêque. Le
roi et le parlement intervinrent ; l'excommunication fut levée et
la réforme s'effectua bon gré mal gré (1).
   Cette même année 1511 , M. de Rohan se rendit à Pise où
quelques cardinaux mécontents avaient convoqué un concile qui
s'ouvrit le 1 er novembre, et fut ensuite continué à Milan où la
4e session s'ouvrit le 4 janvier 1512. C'est de cette dernière ville
que notre archevêque écrivit, le 15 avril, « à Messieurs leshabi-
« tants et les gouverneurs de la maison de ville, à Lyon, » pour
leur annoncer la victoire que les Français venaient de remporter
à Ravenne contre les Espagnols. Quoique cette lettre ait été pu-
bliée par M. Clerjon, dans son Histoire de Lyon, elle nous a
paru trop intéressante pour que nous hésitassions à la repro-
duire dans notre Notice :
   « Messieurs du consulat et habitants de Lyon,
   •• Tant et de si bon cœur que faire je puis, à vous me recom-
mande, pensant qu'avez bien sceu la victoire qu'il a pieu à Dieu
de donner au roy contre les Espagnols où Vestat dudit Seigneur
branloit du tout au tout : combien que d'autre part avons fait
grande perte en la mort de Mgr de Nemours, son neveu qui y
est demeuré, et doit estre son corps apporté de par deçà dans
huit jours; Mgr de Lautrec est pareillement navré de dix-huit
plaies mortelles : on dit qu'il aura peine de l'échapper ; Mgr
d'Aligre mort, et son corps enterré ; son fils pareillement occis :
messire de la Crotte, Jacob Molard, Maugiron et Philippe, les
principaux capitaines des gens de pied ; ce qui est triste : vous
advisant que la bataille d'un costé et d'autre dura quatre grosses
heures d'horloge et plus que moins : l'honneur néanmoins est
demeuré aux François, assez pour ne craindre à cette heure
d'aller par tous les costés de l'Italie qu'on voudra; et je crois
que notre concile partira dedans dix jours pour parachever les
affaires de l'église. De ma part, je suis prest à marcher jusques

  ' I ) Coi'hard, I>. (31