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A L'HISTOIRE DE LYON. 333 la société vous jouissez dans un état tranquille de votre vertu et du souve- nir de vos services, nous venons vous offrir une faible marque d'attachement et de respect. Si vous y êtes sensible, Monsieur, vous mettrez le comble à notre satis- faction. Quel plaisir pour nous d'exciter une émotion agréable dans le cœur d'un homme de bien en acquittant la patrie d'un juste tribut de reconnais- sance ! Permettez-nous cependant, Monsieur, de vous taire nos noms et d'imiter, dans une action si honorable pour nous, cette modestie qui a toujours ca- ractérisé votre conduite publique et privée. La récompense la plus flat- teuse de vos soins est d'ignorer qui nous sommes et de voir dans chaque citoyen un de ceux qui vous rendent aujourd'huy leur hommage. Nous n'avons rien négligé dans la perfection du portrait que nous avons l'honneur de vous présenter; mais il est difficile de rendre vos traits comme nous les sentons et de vous graver aussi bien que vous l'êtes dans le cœur de vos concitoyens, La planche vous sera remise aussitôt qu'on l'aura retouchée, avec la quantité d'épreuves qui vous sont destinées ; comme nous sommes presque tous pères de famille, nous en réservons un certain nombre pour l'instruc- tion de nos enfants et la satisfaction de nos amis. Nous prions madame Chirat d'agréer le tableau d'après lequel on a gra vé la planche ; son attachement pour vous lui rendra plus chère encore cette preuve de notre respect pour elle. Nous avons l'honneur d'être, avec la plus vive reconnaissance, Monsieur, vos très-humbles et très obéissants serviteurs, Une société de Citoyens. La copie de celle lettre est de la main de M. Flurant qui probablement était l'un des donataires du tableau. Elle porte son cachet et ses armes qu'à mon grand regret je ne puis déchiffrer à cause d'un éclat de la cire. On distingue seulement trois Qeurs dans le chef; l'écusson est dans un de ces cartouches si élégants du XVIIe siècle et surmonté d'un casque; car alors on n'avait pas encore adopté l'usage absurde de timbrer les armes avec des couronnes de litres que l'on ne possédait pas.