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LES SIRES D E 294 BEAUJEU est vrai), la situation dut être critique pour le Beaujolais, quand Séguin de Badefol, le célèbre chef des bandes, s'em- para par escalade d'Anse, place fortifiée à la porte de Ville- franche, capitale du Beaujolais. Cet événement, arrivé en novembre 1364, dut alarmer toute la province et exigea pendant huit mois que le sire disposât de toutes ses forces pour la défendre contre les incursions de ces bandits. Ceux-ci ne quittèrent cette place qu'au mois de juillet 1365, à la suite d'un accord avec le pape Urbain V. Ce danger éloigné, il partit l'année suivante avec Dugues- clin pour l'Espagne, où celui-ci entraînait les Grandes Compagnies pour combattre Pierre le Cruel en faveur d'Henri deTranstamare. Vrai chevalier, notre prince s'était attaché à ce grand capitaine et, toutes les fois qu'il le put, prit les armes sous ses ordres. Il se distingua sans doute dans cette nouvelle campagne, et y rendit d'utiles services à Henri, car ce roi lui donna en récompense quelques terres en Languedoc, que lui-même avait reçues du roi Jean. Antoine, après le couronnement du roi de Castille, revint en France ne se croyant plus utile en Espagne. Il ne semble pas qu'il ait pris part à la seconde expédition de Duguesclin en Espagne, on ne trouve son nom dans aucune liste de chevaliers. Peut-être les menaces conti- nuelles d'une nouvelle guerre avec les Anglais contri- buèrent-elles à le retenir en France, son premier devoir étant de servir le roi et son pays. Bientôt en effet cette guerre éclata, en 1369, par suite de la rupture du traité de Brétigny, et vint lui offrir de nombreuses occasions de s'illustrer dans les combats. Son devoir et son goût pour les armes le retenant alors souvent loin de ses États, il y établit, en 1369, pour que ses sujets ne souffrissent pas de ses longues absences, comme gouverneur et lieutenant