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LES SIRES DE BEAUjEU 99
aujourd'hui un but aussi vaste, je veux simplement faire
ressortir quelques-unes des principales qualités qui leur
permirent de faire figurer leur seigneurie, si restreinte
d'abord, au nombre des grands fiefs de France.
Un fait regrettable qui empêchera toujours l'étude
approfondie de leur histoire, c'est la perte de la majeure
partie des documents qui auraient pu nous l'apprendre, et
surtout des plus anciens. Le chartrier des sires de Beaujeu
était riche en titres de tous genres ; leurs officiers de justice,
leurs scribes et leurs notaires s'entendaient à dresser des
actes qui auraient eu de l'intérêt pour l'historien, et leur
château qui ne fut jamais pris, en conservait toute la collec-
tion. Malheureusement les ravages que ne produisit pas la
guerre, la dispersion les opéra. Ces titres, portés d'abord Ã
Villefranche, puis à Paris, durent éprouver dans toutes ces
translations des pertes considérables. Ensuite, l'incendie
funeste, arrivé à la Cour des Comptes durant la nuit du
26 au 27 octobre 1737, brûla une quantité de registres et
^ de manuscrits reliés en volumes.
Q^, ***,, Quant aux titres laissés à Villefranche ( i ) , ils passèrent
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(1) Ces titres étaient conservés dans la Chambre des Archives du
Beaujolais, appelée Chambre du Trésor. Pour avoir une idée de la
richesse de ce fonds et des pertes qu'il a éprouvées, il suffit d'en lire
l'inventaire dressé par Bellet L'article suivant, extrait de VAlmanach
astronomique et historique de Lyon, de 1752, qui m'a été obligeamment
communiqué par MM. Poidebard, montre en outre avec quelle sollici-
tude on veillait sur eux. « Ces archives renferment non seulement
tous les anciens papiers, terriers et autres titres de la province, mais
encore tous les protocoles des notaires. La Chambre est fermée par
trois clefs séparées : l'une entre les mains de M. le Lieutenant général
(M. Benoît Jacquet de la Colonge) ; l'autre en celles de M. le Pro-
cureur du roi (M. Pierre Chatelain-Dessertines), et la troisième, en