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                         EN FRANCE                        77

 plus périlleuses épreuves on a traversées et surmontées.
 Notre fabrique a paru plus d'une fois presque abattue
 et épuisée. Au lendemain de la guerre, la vie indus-
 trielle et commerciale était suspendue, le marché du
 monde nous était fermé et était ouvert à nos rivaux,
 mais il existe dans notre peuple, dans notre ville, de
tels ressorts que, à peine nous étions sortis de l'état
 de guerre, tout se reconstituait, crédit, fabrication, rela-
 tions, échanges, circulation métallique, en grande par-
tie grâce à l'exportation de nos produits. On apporta
une ténacité inconnue à une tâche qui semblait irréa-
lisable. Les revers ont leur vertu. On l'avait aussi éprouvé
à Lyon à la suite des guerres de Louis XIV. On
trouve dans les écrits de ce temps-là le souvenir de ces
malheurs, et, si les échevins nous ont appris quels furent
les misères des ouvriers, l'appauvrissement, la dépopu-
lation, ils n'ont, en aucun de leurs actes, laissé percer
le sentiment de quelque désespérance. L'heureuse for-
tune revint; l'heureuse fortune, c'était alors, comme
elle le serait aujourd'hui, un plus facile commerce avec
l'étranger. On ne ménagea ni la peine ni les sacrifices;
on redevint inventif, souple, habile, résolu, et Lyon
recouvra promptement ses forces.
   Cette fois, il n'aurait pas à les recouvrer, les ayant
tout entières. Son industrie repose sur de profondes
et de larges assises; elle n'a jamais été aussi prête à
toutes les entreprises et à toutes les transformations ;
elle sait et peut faire beaucoup, faire tout, faire bien,
faire mieux que ses rivales. Elle peut soutenir au
dehors et à découvert toutes les concurrences. Son
pouvoir industriel et artistique compense, pour le pou-
voir commercial, une infériorité qu'il faut reconnaître,