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                   SUR LE CANTON DE MORNANT.                     481

    A l'époque de la Révolution, la terre de Charésieu n'ap-
 partenait plus déjà depuis longtemps à cette famille. Elle
était possédée alors par un propriétaire du nom de Piégay.
A ce lieu se rattache le souvenir d'un crime épouvanta-
ble, dont les habitants du pays parlent encore avec ter-
reur. Dans la nuit du 3 au 4 brumaire an VII (du 24 au
25 octobre 1798), Piégay, sa femme Antoinette Crozier
et leurs cinq enfants, dont l'aîné avait 14 ans et le plus
jeune 5 ans, furent égorgés avec leurs deux domestiques.
Un voisin, qui revenait de Saint-Symphorien à onze heures
du soir, entendit un grand bruit dans la maison et s'enfuit
à la hâte à son domicile ; une mendiante, couchée dans
la grange, se cacha, épouvantée, dans le foin, jusqu'au
matin. Ce furent les seuls témoins de ce drame affreux.
Quand le lendemain, les habitants du voisinage, surpris de
voir cette maison silencieuse et fermée, eurent pénétré à
l'intérieur, un spectacle horrible s'offrit à leurs regards :
le domestique, le sieur Dussurgey, et la servante, la fille
Fournel, qui s'étaient défendus courageusement avec des
fourches, étaient tombés morts au milieu de la cour.
Piégay, sa femme et ses enfants avaient été saignés au cou.
   Le plus profond mystère a régné jusqu'à ce jour sur
cet événement. La police ne fit que de faibles recherches
et ne découvrit rien. Quant à l'opinion publique, elle
accusa les parents des victimes. Mais les renseignements,
que nous avons recueillis sur les lieux, nous font croire
qu'il faut plutôt attribuer ce crime aux Chauffeurs (1).

de 1559,passtwi. — Arch. du Rhône. (Registres de Sainte-Croix). Acte
du notariat de Riverie. (Fonds Gayte et Delolme). — Noms féodaux.
  (1) Telle est aussi l'opinion de M. A. Vlngtrinier, qui a raconté,
sous forme de Nouvelle, cet horrible événement, dans les Vieux
papiers d'un Imprimeur (Scènes et récits), p. 245. Il en tenait tous les
détails de sa grand'Mère Madame Martinière , de Thurins, désignée
dans la Nouvelle sous le nom de Mme Maurice.