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!70                     ÉTUDE HISTORIQUE

horreurs de la guerre civile. Diverses alternatives en
signalèrent le commencement. Les Ligueurs occupaient,
aux environs de Lyon, Saint-Andéol, Dargoire, Sainte-
Croix en Jarez, Riverie et même Saint-Symphorien-le-
Château. Mais, au mois de juillet 1590, pendant que Mitte
de Chevrières, seigneur de Saint-Chamond, qui comman-
dait les troupes de la Ligue, était occupé au siège de
Thizy, les royalistes de Vienne, déjà en possession de
Condrieu et de Givors, s'avancèrent dans le Lyonnais et
s'emparèrent de Châteauneuf et de Riverie, où ils placè-
rent une garnison de 200 cavaliers et de 400 arquebu-
siers, sous le commandement d'Antoine d'Hostun, sei-
gneur de la Beaume.
   Maîtres de cette forte position, ils mirent aussitôt à
contribution les villages des environs, en menaçant toute
résistance de pillage et d'incendie. Mornant paraît avoir
refusé impunément de satisfaire à ces réquisitions ;
mais Saint-Didier, qui, suivant la tradition, était favo-
rable au parti de la Ligue, fut moins heureux. Lé village
et l'église furent livrés aux flammes. Plusieurs maisons
voisines du bourg subirent le même sort, et dans ce
nombre il faut compter, sans doute, l'ancienne maison
forte deChambost, qui n'a plus aujourd'hui que l'aspect
d'une simple ferme. Le Consulat lyonnais fut vivement
irrité de cette mesure rigoureuse. Aussi, quand le bourg
de Riverie fut tombé aux mains des Ligueurs, écrivait-il,
le 11 août, à Chevrières de veiller à ce qu'on n'épargnât
aucun des royalistes viennois réfugiés dans le château,
« ne fût-ce que pour avoir brûlé un sibeau village et l'é-
glise de Saint-Didier, oultre autres maisons proches » 1.

   (1) Archives de la ville de Lyon, AA. 109, fol. 181. — Voyez sur
les divers événements de cette guerre, la Notice sur Riverie.