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LE MYTHE D'iO. 87
gue peuvent seules rendre raison de certains détails qu'on
n'apoint encore signalés. Chacune des grandes écoles entre
lesquelles se partagent les mythologues pourrait donc récla-
mer ce mythe pour démontrer son système. C'est un ter-
rain commode pour les mettre en présence, et s'il est pos-
sible les amener à transaction.
I.
Io dans Apollodore.
C'est dans Apollodore qu'il faut étudier d'abord le mythe
d'Io tel que l'ont fait la poésie et l'imagination populaire.
En groupant consciencieusement, mais sans ombre de cri-
tique, tous les détails, toutes les superfétations dont l'idée
primitive a été peu à peu amplifiée et enjolivée, il nous
offre, pour ainsi dire, le composé dont nous avons à isoler
les éléments. Mais cette histoire remonte aux plus lointai-
nes traditions de la poésie. Le surnom que l'auteur de
Y Iliade donne constamment à Hermès prouve qu'il connais-
sait au moins l'épisode d'Argus; et s'il faut en croire plu-
sieurs témoignages antiques, Hésiode, dans un ouvrage
perdu, Y/Egimius, racontait avec un détail piquant la mé-
tamorphose de l'infortunée amante de Zeus (1 ).
Ce qui frappe d'abord dans Apollodore, c'est la multipli-
cité des traditions sur les ancêtres d'Io (2). Le savant
Muncker, dans ses Mythographes latins, a pu en dresser
très-sérieusement une triple table généalogique. Mêmes
divergences sur l'origine de son gardien Argus, le géant
aux cent yeux, qui est en même temps son grand-père
(1) Hésiod. Fragm. IV et V, éd. Didot.
(2) Cf. Heyne et Cluvier dans leurs éditions d'ApoIIodore.